‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 263 sur 662 · SEPTEMBRE 1710. MŒURS ET USAGES DES TOUACARAS · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE 1710. MŒURS ET USAGES DES TOUACARAS

peintes sur un morceau de cuir rond; les unes représentent le soleil, la lune ou des étoiles, ou d'autres différents animaux !.

Le chef de la nation des Touacaras est le plus respecté de toutes ces nations. Lorsqu'on luy apporte à manger, il en prend une partie et donne le reste à ses considérés; leurs plats sont faits de roseaux, mais si bien travaillés que l'eau n'y pénètre pas. Quoyque les autres chefs ayent leur femme, celuy-là n'en a point d’affidée; lorsqu'il veut coucher avec quelques filles, il les envoie advertir et elles ne manquent pas d'y venir; mais elles se retirent chez elles, dès la pointe du jour, sans se faire connoistre.

Ces Sauvages sont gens d2 bon sens, plus spirituels que les nations du Mis-issipy; mais la fertilité de leur pays les rend paresseux ; ils sont presque tousjours assis à l'entour de leurs chefs, ct ils ne pensent pour l'ordinaire qu'à manger, fumer et jouer ; ils sont d’ailleurs libertins, mais généreux dans leurs amours, donnant à leurs maistresses tout ce qu'ils peuvent avoir. Les femmes y sont assez belles; elles n'ont rien à redire que leur couleur olivastre; elles poussent la galanterie encore plus loin que les hommes. Pendant nostre séjour à leurs villages, elles ne discontinuèrent pas de nous arsorter des plats de fèves et de mahys, apprestés avec de la

moelle de bœuf et quelque viande boucanée; elles s’efforçoient mesme de se surpasser entre elles, à qui apporteroit des meilleurs mets. Comme nous ne pouvions pas manger tout ce qu'elles nous apportoient, la cabane du chef se trouvoit nourrie de ces présents. Ces peuples ne pouvoient se lasser

1. Ce qu'il ya de particulier, c'est que toutes ces nations parlent diverses lan. ues, quoyqu'ils ne fassent qu'un seul village, (Ch. de Beaurain.)

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