‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 262 sur 662 · DESCRIPTION DU PAYS · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU PAYS

cet establissement:; mais je changeay de sentiment, ayant appris que ces peuples quittoient tous leur village, depuis le mois d'Octobre, pour aller à la chasse, d'où ils ne revenoient que dans le mois de Mars pour semer leurs mahis, fèves et giraumonts, de quoy ils se nourrissent l'été. Les terres de ces quartiers sont très fertiles ; elles sont noires et légères. Le pays est descouvert, et ce n'est que par petits cantons que l'on aperçoit des bosquets de chesnes, de noyers et de müriers ; les prairies y sont élevées ct propres à la culture du froment et d’autres grains'. Les Sauvages y cultivent une quantité prodigieuse de tabac, qu'ils apprestent en pains plats, après l'avoir pilé?. La chasse y est abondante nonseulement pour le bœuf, l'ours et le chevreuil, mais généralement pour tous les autres animaux. La rivière fournit de très bon poisson, et quoyque les eaux fussent tout à fait basses, il ne laissoit pas que d’y rester un ruisseau de deux ou trois pieds de profondeur.

Ces nations élèvent de très beaux chevaux ; ils les estiment beaucoup, ne pouvant s’en-passer ni pour la guerre ni pour la chasse ; ils ont des selles et des brides qui sont très bien faites, et portent mesme des cuirasses de cuir à l’espreuve de la flesche +; leurs cabanes sont exhaussées, la pluspart basties de paille et de roseaux, enduites de terre, formant un dôme: au-dessus de leur porte, chaque chef de nation a ses armes

1. ll s'y rencontre du romarin, qui est le seul endroit où l'on en ait trouvé. (Journal historique, par le chevalier de Beaurain.

2, Ou écrasé entre deux pierres, (Ch, de B.)

3, Mais la quantité de rochers, dont elle est remplie, rend la navigation très difficile au-dessus de ces villages ; de sorte que l’on ne peut l’entreprendre que depuis le mois de Mars jusqu'au mois d'Aoust,

4. Ils se servent aussy de paraflèches et de vestes de mesme cuir appresté, ce qui leur est d'une grande défense. (Beaurain.)

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