‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 265 sur 662 · SEPTEMBRE 1710, PRISE DE POSSESSION DES TERRES · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE 1710, PRISE DE POSSESSION DES TERRES

Depuis le 6 au 10 de Septembre, j'employay le sieur Du Rivage à graver sur un poteau les armes du Roy et de la Compagnie. Le jour et l'année de la prise de possession, il fut planté dans le milieu du village. Les Sauvages me demandèrent ce que cela signifioit. Je leur dis que c'estoit pour marquer l'alliance que nous avions faite avec eux.

Le 11, il arriva un Sauvage de la nation Chicachas avec des marchandises. Il parut troublé de me voir dans ces villages, Il me fit entendre qu'il s'en retournoit aux Yasous. Je luy donnay une lettre pour faire tenir à M. de Bienville.

Mes deux guides Quidehais m'ayant quitté chez ces nations, il ne me restoit que le Nassonite qui estoit venu avec moy. Lorsqu'il me fallut partir pour m'en retourner, il me pria de partir devant, et qu'il viendroit me joindre en deux jours, Ayant pris congé de ces nations et fait quelques provisions de fèves et de mahys, je me mis en chemin le 13 de Septembre. Il est d'observation que des Nassonites aux Touacaras il y a 110 lieues de chemin, et que leur situation est Sud-Est et Nord-Ouest. Nous fismes ce jour trois lieues dans le Sud-Sud-Est jusques au bois, près d’un ruisseau où javois rencontré les chefs de ces nations.

Le 17, nous arrivasmes à la branche du Nord-Ouest de la rivière des Ouachitas, où nous restasmes jusqu'au 21, que l'envoyay de mes gens au village, d'où je sortois, pour s'informer de mon guide et m'apporter quelques vivres, ne me restant plus que 20 livres de fèves, et avant encore 74 lieues de chemin à faire, ce qui me fit régler ces fèves à un demilitre par jour à chaque personne.

Le 23, la nuit fut fort froide, les vents estant au Nord. Nous continuasmes nos petits retranchemens, de crainte de sur-

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