‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 275 sur 662 · DU TISNÉ CHEZ LES OSAGES ET CHEZ LES PANIS · texte numérisé non relu

DU TISNÉ CHEZ LES OSAGES ET CHEZ LES PANIS

terprète, et à force de leur dire, s’ils n’y consentoient point, que j'irois malgré, et que vous seriez indigné contre eux, ils me l'accordèrent. Connoissant le caractère des Sauvages, je ne différay point, je me mis en chemin; en quatre jours je fus chez les Panis, où je fus très mal recu, les Osages leur ayant fait entendre que nostre intention estoit de les attraper et de les rendre tous esclaves. Ccla m’a exposé à avoir deux fois le casse-teste Icvé sur moy; mais leur ayant fait connoistre la fausseté des Osages, et par la hardiesse avec laquelle je m'y suis pris en leur faisant défi de me casser la teste, tout brutaux que sont ces sortes de gens, ils consentirent de faire alliance avec nous, et me traitèrent fort bien. Je traitay avec eux mes trois fusils, de la poudre, des pioches ct quelques couteaux pour deux chevaux et une mule marquée à la marque espagnole.

Je leur proposay de me laisser passer pour aller chez les Padoucas, à quoi ils se sont opposés très fort, estant leurs ennemis mortels. Voyant que je n’y eusse pu réussir, je les interrogeay sur les Espagnols; ils me dirent qu'ils avoient esté autrefois à leurs villages, mais que les Padoucas leur barroient le chemin. Ils m'ont traité une tasse d’argent fort ancienne et me dirent qu'il falloit plus d’un mois pour sy rendre. L'on pourroit, à ce qu'il me paroist, réussir à mettre les Padoucas en union avec cette nation, et par ce moyen avoir une entrée chez les Espagnols; il s'agiroit de leur rendre leurs esclaves et de leur faire des présents. Je leur ay dit que vos intentions estoient qu'ils fussent alliés. L'on pourroit encore tenter le passage par le Missoury, allant aux

Panimahas leur porter des présents. Je me suis offert à

M. de Boisbriant d'y aller; si c’est votre intention, je suis

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