‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 281 sur 662 · RENCONTRE D'UN FORBAN · texte numérisé non relu

RENCONTRE D'UN FORBAN

qu'il fut arrivé, nous fismes voile pour Saint-Domingue, lequel nous depassasmes, sans qu'aucun des pilotes du navire s'en aperceust, et nous ne le sceusmes que par un forban, qui nous attaqua de la manière qui suit :

[l estoit déjà nuit, lorsque nous le vismes qui sortoit de contre terre. Il nous eut joints en moins d'une heure, et filant dans notre derrière, sans demander qui nous estions, nous tira un coup de canon à boulet, et en mesme temps nous fit crier de mettre notre chaloupe à la mer et de nous rendre sur le champ. Après quoy, voyant que nous estions plus forts que luy, il amena ses huniers et fila derrière. Cependant, il nous suivittoute la nuit, et, à la pointe du jour. ilestoit à cent pas, et, comme il marchoit quatre fois mieux que nous et que nous vismes qu’il nous joindroit quand il voudroit, nous conseillasmes au capitaine de notre bord de faire amener ses basses voiles et de l'attendre pour sçavoir ce qu'il avoit dans l'âme, ce qu'il fit. — Ledit forban, voyant cette manœuvre diligemment faite, fut intimidé sans doute, et fit mettre son canot à la mer pour nous envoyer demander excuse sur ce qu'il avoit tiré Sur nous, sans sçavoir qui nous estions, ct qu'il nous prenoit pour Anglois.

I me semble que, sur le champ, le capitaine de notre bord devoit le retenir et le prendre, point du tout; et bien esloigné de cela, il envoya prier ledit forban de venir disner à notrebord, ce qu'il fit, et, pendant le repas, ledit capitaine forban proposa au nôtre que, s'il vouloit luy donner tout son monde, il feroit un party d'aller prendre une isle qui est de ce costé là, ce qu'il auroit accepté, sans que nous l'en empeschasmes, — Quand tous ces discours furent finis et ce party rompu, on demanda au forban si nous estions encore loin du Cap Fran-

VE. et

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