IL A EU DES NOUVELLES DE LA MER VERMEILLE
Lettre à Monseigneur le Marquis de Seignelay.
Monseigneur,
Daniel Greyselon, sieur Du Lhut, remonstre très humblement à Vostre Grandeur que, dans un voyage de trois années et demie qu'il a fait en la Nouvelle-France, il a descouvert des Nations et des terres inconnues aux François et autres Européens, et qu’estant dans le pays de Nadouesioux, esloigné de Quebeck de plus de 700 lieues, il a eu quelque cognoissance de la mer Vermeille par la relation de ces Sauvages, qui luy en ont mesme donné du sel, et laquelle n'est distante des villages desdits Nadouesioux que de vingt journées par terre. Il a si bien concilié les esprits de ces Sauvages par les présens qu’il leur a faits, qu'il les a obligez de conclure la paix avec quinze nations différentes soumises à la domination de Sa Majesté, et de plus il leur a fait faire plusieurs alliances qui ont procuré aux Sauvages du Nord la liberté de la chasse et du commerce, dont les habitans de la Nouvelle-France ont desjà ressenty les effects par les pelleteries qu’ils ont apportées dans leurs habitations.