IL RESTERA AUX NADOUESIOUX JUSQU'A NOUVEL ORDRE. Q
avec qui je seray ne bougeront des Nadoucsioux jusques à nouvel ordre, et, la paix estant faite, j'y arboreray les armes du Roy, de crainte que les Anglois ou autres Européens,
habituez du costé de la Californie, n'en prennent possession.
Après quoy, si c’est vostre volonté que je fasse la paix avec les gens du Nord, m’en envoyant les ordres, je vous promets que je partiray, dans le moment, avec le nombre de François que je croiray m'estre nécessaire, puisqu'il n’y en a pas un qui ne vienne quand moy, estant porteur de vos ordres. Et, comme vous aurez veu que dans le conseil que j'ay eu avec Oumamins, je luy promis qu’il partiroïit des François pour le Nord, à l'instant que je partirois pour les Nadouesioux, ce sont les sieurs de La Rue et Paul Lavigne, qui yront accompagner d'autres François, lesquels n'espargneront rien en présens, pour empescher que l’on ne vienne en guerre aux Nadouesioux.
Pour toute conclusion, Monseigneur, ny les dangers ny la fatigue ne m'empescheront point d'exécuter ce que je vous mande, ou tout au moins de périr pour me transporter sur les lieux, car je suis du sentiment de ceux qui croyent que la mort n'est pas sy à craindre que l'on nous le veut persuader, puisque le courage la préfère au moindre des affronts, que la douleur l'appelle à son ayde, que le désespoir la cherche et que l'honneur y aspire, mais non pas avec autant de zèle que celuy que j’auray toute ma vie pour me dire sans aucune réserve, Monseigneur,
Vostre très humble et très obéissant serviteur,
Du Luvr.
De mon hiverñement, cabané dans le bois, à trois quarts de lieue dg Sainte-Marie du Sault, ce 5 avril 1670.
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GREYSELON DU LHUT DEMANDE DE FORMER UN ÉTABLISSEMENT, DONT IL SERAIT LE COMMANDANT, S'IL RÉUSSIT.