IL FAUT NE PAS SE LAISSER DEVANCER
A LA BAIE SAINT=-BERNARD ET Y ENVOYER LES SUISSES ET LES ALLEMANDS QUI PÉRISSENT SUR UNE COTE DE SABLE.
Au Biloxy, le 5 Octobre 1721.
Monsieur,
L'arrivée du vaisseau la Durance, qui tardoit à se rendre à la colonie, a causé une joye commune. L'on se trouve aujourd'huy en estat d’expédier dans les terres quelques malheureux restes de concessions, qui, depuis un temps considérable, cestoient à dépérir sur une coste de sable aride, Jay représenté à la Direction que, suivant les ordres de Sa Majesté, l’on ne pouvoit se dispenser d'establir l1 baye de Saint-Bernard, et d'y envoyer des familles suisses et allemandes ; que, la colonie se trouvant en situation de fournir pour six mois de vivres à cent cinquante personnes, il estoit de l'intérest de l'Estat de ne pas manquer cette occasion, de crainte que les Espagnols, apprenant le voyage que je viens d'y faire, ne nous préviennent sur cet establissement; qu'il estoit d’une conséquence infinie d'occuper ce poste, à couse de la bonté et de la fertilité des terres; que c’estoit le seul endroit, par où les François pouvoient espérer d'ouvrir le commerce avec les deux Mexiques ; que la proximité de Tampic, mesme de la Vera-Cruz par mer, devoit donner d'heureuses espérances, aussy bien que celles du nouveau royaume de Léon ct des mines de Sainte Barbe et du Paral par terre.
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