‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 311 sur 662 · LA BAIE SAINT=BERNARD OUVRE LE COMMERCE AVEC LE MEXIQUE · texte numérisé non relu

LA BAIE SAINT=BERNARD OUVRE LE COMMERCE AVEC LE MEXIQUE

J'ay eu l'honneur de leur répéter qu'il n’y avoit point de comparaison à faire des terres de cette baye avec celles du Mississipy, qu'elles estoient exhaussées, noires et légères, et en estat de recevoir la charrue dès l'abord de la mer; que l'occasion estoit belle, ayant en notre pouvoir une partie de la nation sauvage du pays, qui ne demandoit pas mieux, à présent, que de nous voir establir auprès d'eux; qu'il estoit plus naturel d'envoyer les Suisses et les Allemands dans de bonnes terres que de les laisser consommer les vivres de la Compagnie sur une coste de sable, où la misère et le chagrin les font périr tous les jours.

J'av joint, Monsieur, à ces raisons celle que. le Congrès de Cambray estant près de se conclure, il estoit important de faire cet cstablissement, afin de faire opter les Espagnols, en cas de nécessité, ou de Pensacola ou de la baye de Saint-Bernard.

Je ne vois pas que ces raisons ayent fait déterminer la Direction à faire là-dessus aucune démarche. Pour ce qui est de mov, Monsieur, j'ay cru qu'estant nommé pour commandant de ce poste, en ayant deu représenter les conséquences, jestois tenu d'assurer Messieurs les Commissaires du Roy que, si les Espagnols nous préviennent sur cet establissement, toutes les espérances de commerce avec le Mexique

se trouveront évanouics, et que Sa Majesté perdra la possession d’un poste, le plus avantageusement situé de toute la province de la Louisiane.

Jay l'honneur, Monsieur, de demeurer, avec un très pro-

lond respect,

Votre très humble et très obeissant serviteur,

BÉNARD DE LA HARPrE,

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