INFORMATIONS PRISES SUR LA ROUTE A SUIVRE
mandant pas mieux que de servir la Compagnie avec zèle.
Mon premier soin, en arrivant à ce village, a esté de m'informer des Sauvages du cours de la rivière et des nations qui l'habitent; ils ne connoissent la rivière que jusqu'au Rocher, où ils comptent vingt journées de chemin; 70 licues au-dessus par terre, ils connoissent une fourche, celle de la droite allant aux Panis, De leur village des Zautoouys ils comptent vingt journées par terre pour se rendre aux Osages, nation qui est leur alliée, et des Osages aux Panis cinq journées.
Ils ont peu de connoissince des nations, situées sur la branche de la gauche ; iis nomimentles nations crrantes, establies sur le haut de la Rivière Rouge, Soudaré, Ks ont fait autrefois contre eux plusieurs partis de guerre.
Jay connu que le voyage, que j'entreprends, ne leur fait pas plaisir; ils ont fait ce qu'ils ont pu pour nous en détourner, en nous assurant que le nommé Pichart etcinq François dela concession, qui estoient parus le 17 Aoust dernier pour aller aux Panis,avoientesté tués des Osages. Les femmes etles vicillards ont pleu'é, sachant notre résolution, et ont cherché par là à intimider le détachement.
Les vivres estant fort rares à ce village, je n'ay pu en traiter que peu, qui m'ont cousté beaucoup; Îles Sauvages n'ont jamais voulu me traiter une de leurs pirogues, quelque prix que jeleur en ave offert; de sorte que toutes ces difficultés me font préjuger qu'il me sera impossible de monter la rivière des Zautoouys jusqu'aux nations sauvages, dont je fis la descouverte par les terres en 1710.
Jay cependant pris la résolution d'enlever une de leurs pirogues, de la laisser à M. de Laboulaye pour le payement
des marchandises.