CONCESSION DE LAW, MISE DES SCELLÉS
Les lettres, que M. de Bienville et la direction de la Louisiane m'avoient remises pour faire tenir aux Illinois à M. de Boisbriand, je les ay données à M. de Laboulaye:; mais onn'a pu trouver de Sauvage pour les v porter par terre. Cette nation est trés fainéante et de mauvaise volonté; elle n'a nulle correspondance avec aucune autre nation; de sorte que n'ayant point de débouché de leurs marchandises et en estant remplis, cela les rend insolents, n'ayant pas besoin des Francois.
Le soir à quatre heures, je me suis rendu avec M. de Laboulave et le sieur Dufresne à l'habitation. Elle est située à un quart de lieue dans le Nord de la rivière; lon traverse un petit ruisseau pour sy rendre, Dans les caux hautes, ce terrain s'inonde un demvy-quart de licue jusqu'au commencement des prairies, qui sont des costeaux avec des plaines, dont la terre paroist très bonne. À deux lieues, dans le Nord de cette habitation, passe la Rivière Blanche.
J'av trouvé dans cette concession environ quarante-sept personnes de tout sexe, y comprenant le sieur Ménard, commandeur, et Labro le fils, garde-magasin: un chirurgien et un apothicaire, La prise de possession de ce terrain a esté faite au mois d'Aoust dernier; leurs travaux ne consistent encorc que dans une vingtaine de cabanes mal disposées et 3 arpents de terre défrichée, En arrivant à cette concession, l'or à fait reconnoistre M. Dufresne pour leur directeur en la place de M. Levens, ce qui les à fort surpris, sachant qu'ils n'appartenoient plus à M. Law, On a apposé les sceaux sur les Magasins Et papiers.
Le 2, j'ay passé à faire l'inventaire des effets de la conces-
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