‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 320 sur 662 · MARS 1722, VILLAGES DES ARKANSAS · texte numérisé non relu

MARS 1722, VILLAGES DES ARKANSAS

laboureurs, lesquels estoient fort dérangés ; je n'ay pu refuser mon assistance, S'agissant de l'intérest de la Compagnie.

Le 0, j'ay envoyé une de mes pirogues au village des Arkansas, sur le Mississipy, pour m'vtraiter des vivres et m'ame ner le nommé Saint-Domingue, soldat, pour me servir d'interprète dans mon voyage. Ce village des Arkansas est ainsi nommé, cette nation estant sortie, de mesme que les Zautoouvys, du costé du Missoury, de la nation Kansé; il a pris, depuis ce temps la, celuy de Ougapa. fl est situé surles bords du Mississipy, dans un lieu isolé, Ce terrain peut avoir un quart delieue de face sur la riviere et 5 licues de profondeur de très bonnes terres toutes defrichées. Le village de Fourima, ou des Pommes de terre, est éloigné de celuy des Ougapa d'une licue dans l'Ouest, et les Fouginga sont à une lieue de ce dernier, du costé du Nord. Ces trois villages peuvent composer en tout quatre cents personnes; le principal chef est celuy des Ougapas. Les Zautoouys le reconnoissent également pour le leur: leur langue est la mesme et eile à beaucoup de rapport à celle des Osages.

Le serpent est leur principale divinité, S'en servant seulement lorsqu'ils jonglent queiques malades. D'ailleurs, ils n'ont nulle religion, par conséquent ne célébrent aucunc feste en l'honneur d'aucune divinité, différant en ecla de la pluspart des autres nations sauvages, qui en célebrent en l'honneur de différentes divinités, auxquelles ils attribuent la puissance de diflérentes choses, les unes de la chasse du bœuf, d'autres de l’ours, du dinde et des grains, présentant à ces divinités les prémices de leurs chasses, de leurs pesches et de leurs moissons.

Le 4, j'ay passé au village des Zautoouys pour y traiter

366 MARS 1722, PIROGUE SAUVAGE ENLEVÉE ET RÉCLAME, des vivres sauvages, à quelque prix que ce pust cstre; je ne pus en ramasser que peu.

Le sieur De la Boulaye a bien voulu me faire le plaisir de me séparer trois barils de mahis pour la somme de Go francs, que je luyay payée. Jay redoublé mes sollicitations pour avoir une piroguc, mais je n'ay pu y parvenir, quoyqu'ils en ayent plus de vingt à ce village, ce qui m'a fait prendre la résolution d’en enlever une.

Les 4, 5,0, le 7ctles je suis resté à l'habitation.

Le 9, ma pirogue a esté de retour du village des Arkansas, sans avoir pu traiter de vivres, Ce matin, trouvant occasion d'enlever une pirogue sauvage, j'av mis sept soldats dedans, avec ordre de nous attendre à 20 lieues dans la rivière.

Le 10, ayant fait calcul de mes vivres, je trouvay avoir trcize barils de mahis et trois de fèves, un de riz; après quoy nous sommes sortis, faisant en tout vingt-deux personnes.

Peu après, la pirogue, sur laquelle je me suis embarqué, coulant à fond par la pesanteur de sa charge, j’ay esté obligé de mettre à terre, après avoir fait trois quarts de licue, qui ont valu en droite route le Nord.

Le 11, après avoir fait un arrimage dans nos deux pirogucs, nous sommes sortis à six heures du matin et avons fait, dans la journée, 2 licues sur plusieurs aires de vent, qui ont valu le O. 1/4 S.-0., 35 licues 5 quarts. Sur cette route, une piroguc sauvage, avec quatre hommes, est venue nous joindre; ils nous ont dit aller à la chasse au bœuf, mais, ayant connu leur dissimulation ct que leur dessein estoit de nous enlever notre pirogue sauvage, je leur ay offert de nouveau un surcroît de marchandises. Ils n’ont pas voulu les accepter, nous

parlant avec arrogance, jusqu'à nous dire qu'ils avoient faim

ir de ancs, avoir ayent

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