‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 36 sur 662 · CONFRONTATION DES ACCUSÉS · texte numérisé non relu

CONFRONTATION DES ACCUSÉS

commençay à travailler pour instruire leur procès, — Voicy de quelle manière je m'y pris.

Je fis avertir tous les Chefs et Anciens qu'ils eussent à venir au Conseil que je voulois tenir, et dis au Folle-Avoine de prendre deux de ses parens pour soustenir ses interests; et aux enfans d'Achiganaga, c'est-à-dire aux deux meurtriers, la mesme chose, lesquels je fis séparer. Le conseil étant assemblé, j'envoyay quérir le Folle-Avoine pour estre interrogé. Je faisois escrire ses responses, et ensuite on les luy relisoit pour sçavoir de luy si ce n’estoit pas mot à mot ce qu'il avoit respondu. Après quoy je le fis sortir du Conseil sous bonne et seure garde. J'observay les mesmes formalitez pour les deux fils d'Achiganaga, et comme le Folle-Avoine chargeoïit en quelque façon le père, je l’envoyay quérir et fis revenir le Folle-Avoine et ses deux enfans, où tous trois se chargeoient sans disconvenir du meurtre. Il n’y eut qu'Achiganaga qui soustint fortement qu'il ne sçavoit point le dessein du Folle-Avoine non plus que de ses enfans, et qu'ils eussent à dire s’il les avoit poussez à tuer les François. Ils respondirent que non.

Cette confrontation, à quoy les Sauvages ne s’attendoient pas, les surprit, et voyant qu'ils estoient atteints et convaincus du meurtre, les Anciens dirent : C’est assez, vous vous accusez les uns les autres. — Le François est maistre maintenant de vos corps.

Le lendemain, je fis tenir un autre Conseil, dans lequel je dis qu'il n'y avoit plus à douter que les François n’eussent esté assassinez ct volez, que les meurtriers estoient connus et qu'ils sçavoient ce qu'en semblables occasions il se pratiquoit entre eux. À tout cela, ils ne me respondirent rien, ce qui m'obligea, le jour suivant, d'en faire tenir un autre dans la cabane du

DB

PR

Page 1