‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 35 sur 662 · FES · texte numérisé non relu

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PÉRÉ AMÈNE ACHIGANAGA ET QUATRE DE SES ENFANTS, 4t

sous prétexte, disoit-il, d'aller en guerre ce printemps contre les Nadouesioux venger la mort d'un de ses parens, fils d'Ouenous, n'estoient que pour se garantir de la poursuite que nous pouvions faire, au cas que nous fussions asseurez que ses enfans nous eussent tuez. Cette précaution me mettoit entre la crainte ct l'espérance, touchant l'expédition que devoit faire le sieur Peré, lorsque le 24 Novembre, à dix heures du soir, il vint à travers le bois pour me dire qu’il m'amenoit Achiganaga ct quatre de ses enfans; qu'à la vérité, ils ne s'estoient pas tous trouvez au meurtre, mais qu'il avoit jugé à propos de suivre dans ce rencontre la maxime des Sauvages, qui est de se saisir de tous les parens, et que le Folle-Avoine, quej'avois arresté, estoit le plus coupable comme l’auteur du mal, — ce qui m'obligea à le faire resserrer et empescher que personne ne lui parlast, ayant frère, sœur et oncle dans le village des Kiskakons ; ensuite, il me dit qu'il avoit relasché le plusjeune, agé d'environ treize à quatorze ans, pour faire sçavoir à ceux de leur nation et aux Saulteurs, estant Nocké, qui estoient aux environs, le sujet que les François ont d'emmener son père et ses frères, et que, si quelques-uns vouloient en murmurer, ils les attendoient de pied ferme, estant pour lors en estat de se moquer d'eux, ayant trouvé à Kiaonan 18 François, qui y ont hiverné, — Personne ne se mit en devoir de s'opposer à son dessein.

Le 25, au point du jour, il s'embarqua avec quatre bons hommes que je luy donnay pour aller rejoindre les personnes qu'il avoit laissées à quatre lieues d'icy sous la garde de douze François, et à deux heures après midi ils arrivèrent. Je les fis

mettre dans le corps de garde que j'avois dressé dans mon logis, ne voulant pas qu’ils par‘assent à personne, et le 26 je

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