AOUT 1724, RÉCEPTION DE GAILLARD CHEZ LES PFADOUCAS. (R
esclaves Padoucas, estoit arrivé au village des Padoucas, le 25 du mois d'Aoust. Ayant rencontré des chasseurs Padoucas à une demi-journée de leur village, les deux esclaves commencèrent à faire le signal de leur nation, qui est de jeter trois fois leurs robes en l'air, et le François les salua trois fois avec le pavillon. [ls s'approchèrent, et ensuite ils parlèrent. Il y avoit un chef de guerre des Canzés et un de ses guerriers qui accompagnoient le François, qui eurent grand'peur à leurs approches, se voyant parmy une nation avec qui ils estoient en guerre depuis si longtemps ; mais les esclaves, que M. de Bourgmont avoit rachetés et renvoyés à leur patrie bien équipés avec le François, ne manquèrent pas de parler et de dire ce qu'ils avoient vu. Ces chasseurs emmenèrent les deux esclaves de leur nation avec les deux Canzés et le François à leur village, et les présentèrent à leur Grand Chef. Ils commencèrent à haranguer et à dire en public ce que M. de Bourgmont les avoit chargés de dire. Ils luy firent un grand récit de la valeur des François et luy dirent que le François, qui estoit venu avec eux, leur apportoit un pavillon de la part du chef, qui venoit chez eux pour faire la paix et leur apportoit beaucoup de marchandises, mais qu'estant en chemin pour venir à leur village ilestoit tombé malade environ à dix journées de chez eux, qu’il avoit esté obligé de relascher pour se faire guérir, mais qu’aussitost après il reprendroit son voyage, et qu’il les envoyoit à eux pour les avertir de tout ce qui se passoit; enfin, que le François, que le chef avoit envoyé avec eux, leur apportoit un pavillon, que c’estoit sa parole et les marques d'une bonne alliance, qu'il vouloit
faire avec eux.
Sitost la harangue finie, les chefs prirent le François, se