‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 368 sur 662 · OCTOBRE 1724, GAILLARD VIENT AVEC DES PADOUCAS · texte numérisé non relu

OCTOBRE 1724, GAILLARD VIENT AVEC DES PADOUCAS

M. de Bourgmont est party du fort d'Orléans, le 20 Septembre, par eau, et est arrivé aux Canzés, accompagné du sieur Renaudière, du chirurgien-major, de M. son fils cadet et de neuf soldats. M. de Bourgmont envoya, le mesme jour, un exprez aux Othos pour avertir le Grand Chef de le venir joindre avec un party de ses guerriers, pour l'accompagner aux Padoucas. Le François, nommé Gaillard, que M. de Bourgmont avoit envoyé aux Padoucas, est arrivé à nostre camp des Canzés, le 2 Octobre, avec trois chefs de Padoucas et trois de leurs guerriers. M. de Bourgmont les a receus avec son pavillon au vent et s’en fut au devant d'eux et leur fit de grandes honnestetés. Il fit mettre les troupes sous les armes et fit faire des descharges de mousqueterie; ces chefs Padoucas parurent bien contens de cette réception et furent un peu estonnés ensuite. M. de Bourgmont les fit asscoir dans sa tente et les fit couvrir avec des couvertes de Limbourg rouge et autres présents de plusieurs autres marchandises bonnes pour leur usage. A leur arrivée, les Canzés leur prirent leurs arcs et leurs flèches et leur robe de bœuf qui les couvroit, mais les Padoucas ne s'estonnèrent pas, parce que c'est la manière des Sauvages, et surtout lorsqu'ils vont en ambassade.

Le François nommé Gaillard, qui a amené les cinq Padoucas, nous rapporte qu'il estoit venu avec environ six cents guerriers avec toutes leur familles ; il y en avoit de huit villages et on en attendoit d’autres, qui devoient venir le joindre, et on voyoit leurs feux. Quand ils sont partis, il dit qu'il les avoit laissés à quatre journées de leur village et qu’ils s’ap-

procheroient encore du village des Canzés pour attendre des

nouvelles du chef François, et, en mesme temps, ils ont fait

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