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SEPT, 1724. M, DE BOURGMONT S'APPRÈÊTE A REPARTIR, 421
eux, pour faire la paix, il estoit tombé malade ct que sitost qu'il se trouveroit mieux il reprendroit son voyage. Les cinquante Canzés partirent pour s'en revenir à leur village avec cinq Padoucas, que le François envoyoit avec eux pour amener M. de Bourgmont, et il recommanda aux Canzés de ne leur faire aucune insulte, [ls les menèrent avec eux jusqu'à trois journées de leurs villages. Il arriva, sur le soir, à leur cabanage, plusieurs de leurs nations des Canzés, qui apportèrent la nouvelle de la mort d'une femme considérée à leur village ; 1is se mirent tous à pleurer et à faire des cris épouvantables, à s'arracher les cheveux. Les Sauvages Padoucas eurent peur de voir les Canzés crier de cette manière, et, comme parmi les Sauvages, ils se trahissent souvent et que les Padoucas ont esté trahis plusieurs fois par les Canzés, ils crurent qu'ils s'animoient pour les égorger. Les cinq Padoucas se sauvèrent la nuit, et les Canzés apportèrent cette nouvelle aux deux François, que M. de Bourgmont avoit laissés aux Canzés pour garder ses marchandises et pour luy donner des nouvelles de ce qu'ils pourroient sçavoir, comme il ne manqua pas de luy écrire tout ce qu'ils avoient appris.
Sitost que M. de Bourgmont eut appris cette nouvelle au fort d'Orléans, il commanda M. de Saint-Ange, oflicier, avec trois soldats à cheval pour aller aux Canzés en diligence ct luy donna ses instructions. [1 partit du fort d'Orléans le 1 Septembre et se rendit le 8 aux Canzés. Aussitost que le sieur de Saint-Ange eut appris tout ce qui se passoit il ne manqua pas d’en donner avis à M. de Bourgmont. Ces nouvelles reçues, M. de Bourgmont s'appresta pour reprendre son voyage pour les Padoucas, quoy qu'il ne fust pas encore bien remis de sa maladie.