HARANGUE DE M. DE BOURGMONT
mont s'est levé et a commencé à haranguer toutes ces nations cn ces termes :
« Mes amis, je suis bien aise aujourd’huy de vous voir tous assemblés icy pour vous dire ma pensée. Je vous annonce que je suis venu icy de la part du Grand Chef de toutes les nations, qui est de l’autre costé du Grand Lac et de la part du Grand Chef, qui est à la mer, pour vous apporter sa parole et vous dire ses sentiments. Il m'a donné le plein pouvoir de faire la paix avec les Padoucas, et ainsy, puisque les voilà avec nous, je veux présentement que nous fassions tous alliance avec eux et que vous viviez en bonne union ct que vous traitiez les uns avec les autres, comme vous faites avec nous et les Ofhos, les Osagres, les Ayoots, les Canxés, les Panimahas, les Missourys et les Jllinots. » Tous ces chefs se levèrent et commencèrent à répondre tout haut : « Nous le voulons, et nous te l'avons déjà promis, et ainsy nous n’avons d'autre volonté que la tienne. » Tous les chefs de toutes ces nations commencèrent à se donner à fumer les uns aux autres dans leur calumet de valeur, et à se faire des honnestetés à leur manière, et ils nous parurent tous contents.
Ensuite le chef des Padoucas commenca à haranguer cet leur dit : « Il est bon, mes chers amis, que nous fassions la paix, et je croy que vous ne voulez pas nous tromper. Voilà le Grand Chef François, qui vient à nos villages pour voir nostre nation. Je vous convie de venir avec luy. Nous avons beaucoup de chevaux et de picrres bleues, nous vous en fcrons présent à tous, » Ils répondirent: « Le Chef François en délibérera », et ensuite on leur donna à manger des viandes qui estoient apprestées. A six heures du soir, les Padoucas dansèrent et chantèrent environ une heure et demye en pré-
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