CS COU
Le
LES PRÉSENTS DISTRIBUÉS. 137 teaux ct quelques alesnes et quelques haches, mais ils ne sont pas comme toy, qui nous donnes là une quantité de marchandises, telle que nous n'en avons jamais tant veu, et nous ne pouvons correspondre à de si grands présents.
M. de Bourgmont leur dit : « Prenez toutes les marchandises, le Roy vous en fait présent; pour moy, je ne vous en demande rien. » Le Grand Chef des Padoucas harangua sa nation qui estoit présente, ct leur dit : « Allons, mes enfans, voilà des marchandises, que le Grand Chef François nous donne à tous, que chacun en prenne. » Le Grand Chef commença à faire sa part, et ensuite les autres chefs et les plus considérés, et puis toute la populace de cette nation, qui regardoit les François et qui demandoit la permission d'en prendre, mais ils n'osoient pas: ils estoient tous estonnés de voir qu'on leur donnoit des marchandises pour rien. Après qu'ilscurent enlevé les marchandises qui leur furent présentées, le Grand Chef se mit à haranguer au milieu de son village. Environ une heure après on amena sept chevaux à M. de Bourgmont en présent. Le Grand Chef des Padoucas vint voir M. de Bourgmont avec douze chefs de sa nation cet plusieurs de ses guerriers ; aussitost il donna la main à M. de Bourgmont et se mit à l'embrasser. D'abord M. de Bourgmont le fit asseoir à sa droite et les autres en suivant; aussitst A, de Bourgmont les fit tous fumer dans le grand Calumet de valeur. Après qu'ils eurent tous fumé, le Grand Chef des Padoucas se leva et se mit à haranguer en ces termes :
Mon Père, je viens t'annoncer de la part de nostre nation que nous sommes très contens de te voir aujourd'huy dans
nostre village avec les François, que tu as avec toy. Est-il
V'aÿ que vous estes de véritables hommes? L'homme cet la