‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 40 sur 662 · DU LIHUT MAINTIENT SA SENTENCE · texte numérisé non relu

DU LIHUT MAINTIENT SA SENTENCE

n'oscrois l'entreprendre. Les Outawas du Sable et les Outuwas Sinagos, pour ne se point faire d'affaires avec vous, Monsieur, avoient paru blasmer leur conduite et ne se point soucier de ce qu'ils deviendroient, mais pour lors le Talon se leva, et après avoir longtemps harangué, conclut que, si j'avois du cœur, je leur donnerois la vie. Le chef des Outawas Sinagos dit qu'il avoit pris des Troquois, que Monsieur de Courcelles les lui demanda, qu'il les lui remit et qu'ils eurent la vie, par ainsi que je devois en user de mesme, Oumamins, que les Saulteurs avoient employé pour porter leur parole, ne pouvant pas parler par eux-mesmes, cstant parties, me remercia de ce que je me contentois de si peu, en louant le François de son bon cœur, qui alloit à relascher le père et trois de ses enfans. Les autres nations ne parlèrent point.

Ces différens sentimens me firent respondre aux deux premiers que, si c’estoicent des prisonniers de guerre, je me ferois un plaisir de leur donner la vie, mais qu'estant des assassins, il faut qu’ils meurent pour donner exemple à ceux qui pourroient avoir de semblables desseins, et par cette crainte les empescher d’assassiner si aisément surtout des François; qu'ils sçavent bien tous que j'aime les hommes, mais que je ne les crains pas assez pour m’empescher d’exécuter vos ordres, qui sont de faire mourir qui nous tucroit; que, si je ne le faisois pas, lorsque vous apprendriez que m’estant rendu Île maistre de ceux qui avoient assassiné vos premiers enfans, ne l'ayant pas fait, que vous croiriez que c'est la crainte que j'ay euc des hommes qui m'en auroit empesché, et que, pour apprendre à avoir peur, je ne serois pas plustost descendu que vous me feriez faire le mesme traitement que leur crime méritoit; qu'au reste, je n'estois pas l’auteur de leur mort, mais

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