‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 451 sur 662 · D10 LA NOUE SE PROVOSE D'ALLER HIVERNER A TEKAMAMIOUEN · texte numérisé non relu

D10 LA NOUE SE PROVOSE D'ALLER HIVERNER A TEKAMAMIOUEN

Le sieur de La Noue me marque qu’il comptoit de partir, cet automne, de son poste pour aller hiverner à Tekamamiouen, les Christinaux le demandant avec instance. Si on peut establir un poste, il sera très avantageux pour le commerce de cette Colonie par le castor gras qu'on en tirera et qui y est en abondance. Cette qualité de castor estant tout à fait nécessaire pour la consommation dans la chapellerie, on aura leurs pelleteries, qui consistent principalement en martres des plus belles et en loups cerviers, et on les engagera insensiblement à venir faire leur traite à Kamanistigouya, en les détournant d'aller la faire à la baye d'Hudson. Les Anglois, qui y ont des establissements, seront par là privés de ce commerce, et la colonie en profitera.

Je me trouve obligé de représenter icy au Conseil qu’une des choses qui contribuera le plus à entretenir la fierté des Sioux et des Renards, c'est la facilité qu'ils auront toujours d’estre fournis de poudre, plomb, armes et autres marchandises par le moyen des coureurs de bois du Canada, qui, s'estant retirés dans le gouvernement de la Louisiane, vont faire la traite, en remontant le Mississipi jusqu’au pays des Sioux, avec des congés, que l'officier qui commande dans tout le pays des Illinois, leur donne. Cet oflicier, selon le rapport de tous les Canadiens qui sont revenus de ce pais-là dans la colonie, s'imagine que le gouvernement de la Louisiane s'étend dans toutes les terres qui sont le long du Mississipi et des rivières qui s’y déchargent jusqu'au lac des Assinibouels. Ce qui est une erreur, dans laquelle tous les François de la Louisiane ont

donné, et qui certainement sera très préjudiciable à la Colonie

du Canada, en ce que, si elle subsiste, ils auront la liberté de luy enlever, par la rivière de Ouisconsing, toute la pelleterie

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LES LIMITES DE LA LOUISIANL, ti

des Sauvages de la baye, qui sont les Renards, Kikapous, Mascoutens et Puans, Sakis, Ponteouatamis, Folleavoine ct Notketz; sur le haut du Mississipi, celle des Sioux ct celle des Sauvages de Chagouamigon par une rivière qui donne communication du Mississipi au lac Supérieur. J'espère que le Conseil voudra bien remédier à ce mal. en envoyant des ordres à la Louisiane, afin que les François qui y sont ne sortent pas des bornes, qui ont esté données à ce gouverncement suivant les lettres patentes du Roy accordées à M. Crozat le 14 septembre 1712. L'étendue du pays de la Louisiane estoit depuis le bord de la mer jusqu'aux Illinois avec les rivières des Missouris et Ouabache ct tous les pays, contrées, lacs, dans les terres et les rivières qui tombent directement ou indirectement dans cette partie du fleuve Saint-Louis ou Mississipt. Cette province n'a été concédée à la Compagnie d'Occident, à présent Compagnie des Indes, que ainsy ct dans la mesme étendue qu'elle avoit esté accordée au sieur Crozat, comme il paroist par l’article V des Lettres Patentes en forme d'Edit, portant établissement de ladite Compagnie, du mois d'Août 1717. Cette étendue a été augmentée par celle du pays des Illinois, qui a été démembrée du gouvernement du Canada et incorporée à celuy de la Louisiane, par arrest du mais elle est à présent bornée par le pays, qui se trouve im-

Conseil d'Etat du Roy du 27 Septembre de ladite année 71

médiatement après celuy des Illinois en remontant Le fleuve Mississipi, et qui est celuy des Kikapous ct des Maskoutins, lesquels, sans contredit, dépendent du gouvernement du Canada ; et comme la rivière de Ouisconsing se décharge dans le

Mississipy fort au-dessus du pays de ces Sauvages, ct que le

lac Pépin et les Sioux sont encore plus avancés dans le haut

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