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DES SIOUX

Le Père de Charleroix an Ministre de la Marine.

Paris, 11 May 172%,

Je n'ai pu donner à M. Raudot le mémoire que Votre Grandeur m’avoit commandé de lui laisser touchant le voyage qu'elle m'a fait l'honneur de me proposer, parce qu'il n'étoit pas de retour à Versailles lorsque j'en suis parti, mais je lui avois parlé à Paris, et je le crois suffisamment au fait. Je ne

souhaite rien tant, Monseigneur, que de vous persuader que

rien ne me retiendra, lorsqu'il s'agira du service de Dieu et

consume dans des

âge ni la

santé requise pour commencer la vie de missionnaire, dont le début seroit d'apprendre une langue, de laquelle je n'ai nulle teinture, je ne puis que m'ollrir, comme je fais de grand cœur, à aller établir la nouvelle Mission et à mettre les missionnaires en possession, ce qui me donnera occasion de continuer les enquêtes que j'ai déjà commencées pour la mer de l'Ouest. Mais Votre Grandeur est trop juste pour vouloir que ce voyage sc fasse aux dépens d'une nouvelle Mission, qui ne peut manquer d'avoir bien des frais à faire qu'on ne sauroit prévoir, et où il n'est pas à propos qu’un missionnaire reste longtemps seul à cause de son éloignement. Les appointemens dont j'ai joui pendant mon premier voyage ont été si modiques qu'on a jugé à propos, à mon retour, d'y suppléer par un remboursement.

J'ai l'honneur d'être, avec un très profond respect, Monscigneur, De Votre Grandeur, Le très humble et très obéissant serviteur,

DE CHarLevoix.

A Paris, ce 11 May 1723.

Note de la main d'Antoine Raudot. — Répondre que, sur le compte qu'il a rendu de son voyage, le Roy s’est déterminé à l'établissement des deux missionnaires aux Sioux et à ne pas faire continuer la découverte de la Mer, espérant que l’on auroit par ces missionnaires des connoissances, qui pourroient

donner lieu de suivre ces découvertes ou d’en abandonner le

projet; — que c'est la situation où est cette affaire.

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