LI DUC D ORLIANS S'EN TIENT A CE DERNIER PROJET
Lettre du Père de Charlevoix à Monsersoneur le Comte
de Morville, Ministre et Secrétaire d'Itat.
Paris, 1° Avril 1723,
Monseigneur, I y à environ trois ans et demi que ayant présenté à Son Altesse Sérénissime M inscigncur le comte de Toulouse quelques mémoires sur Ja me
» quelques personnes
r de l'Ouest, un officier des troupes du Canada fut destiné pour en faire Ja
découverte à la tête de cinquante hommes, Mais
, Comme ji
faisoit ses préparatifs, Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orléans, ayant fait réflexion que ce voyage ne pouvoit sc faire sans une grande dépense et qu'on n'avoit encore rien de certain qui fit juger qu’elle scroit utile, changea de dessein ct résolut d'envoyer une personne, dans les principaux postes du Canada et de la Louvsiane, qui s'informät des naturels du pays et des François y habitant, voyageurs ou missionnaires, de quelle manière il falloit s'y prendre pour faire la découverte qu'on méditoit et s’il y avoit apparence d’y réussir, et je fus honoré de cette commission. Je partis de Paris au mois de Juin 1720, ctj arrivai à Québec à la fin de Septembre; la saison n'étant plus propre à entieprendre un voyage de long cours, je passai l’hyver dans la colonie que je parcourus sur les neiges, cherchant partout des voyageurs pour m'instruire de ce dont je devois rendre compte.
Au commencement de May, la navigation étant libre, je me mis en chemin; j'allai à Catarocouy, à Niagara, au Détroit, à Michillimakinac. Là je fus un peu en balance de ce que je devois faire. Nous avons deux postes dans le lac Supérieur. J'étois convaincu que je n'y acquerrerois (sic) pour lors aucune connoissance, parce que j'en avois vu le commandant, mais je n'étois pas moins persuadé qu’en y restant quelque temps je ne laisserois pas d'en tirer quelques lumières par les Cristinaux et les Sioux qui y viennent en traite. Mais je n’en avois pas l’ordre, c'étoit au moins une année de retardement, et je n'étois pas muni pour cela, Après avoir délibéré quelque temps, je pris le parti d'employer l'hyver, qui approchoit, à parcourir la Louvysiane, où l’on peut voyager en tout temps et
de me rendre au printemps prochain à Michillimakinac pour
de là faire le tour du lac Supérieur; je me donnai l'honneur
eur le Duc pouvoit se ore rien de dessein ct x postes du aturels du sionnaires,
la découussir, €t JC au mois de e ; la saison ng Cours, JC les neiges,
de ce dont
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| l'honneur
ENQUÊTE DU PÈRE CHARLEVOIX. Lg
d'écrire à M. le marquis de Vaudreuil, pour le prier de me mettre en état de faire cette course ct d'hyverner même, s'il étoit nécessaire, dans quelqu'un des postes de ce Lac: je pris des Mesures pour trouver, à mon arrivée dans ces postes, les connoissances que je cherchois, et je partis ensuite pour me rendre à la rivière Saint-Joseph, dans le fond du Lac Michigan, où quelques incommodités m'arrêtèrent cinq Semaines ; au bout de ce temps-là, je poursuivis ma route vers les Cascasquias, d'où je descendis à la mer. J'y arrivai au commencement de Febvrier 1722, après avoir vu tous les establissements de la Louisiane.
Je voulus ensuite remonter Ie Mississipi pour regagner Michillimakinac, mais je ne me trouvai point en état de faire ce voyage. Personne n'osoit s’y EXPOSCr sans convoy, parce qu'on venoit d'apprendre que deux François, qui descendoient après moi, avoient été tués par les Chicachas. Attendre un convoi, c'étoit perdre une année entière, Ainsi je n'eus pas d'autre ressource que de m'embarquer sur une flutte de la Compagnie, qui alloit à Saint-Domingue, où j'espérois trouver un bateau qui me remèncroit au Canada, Nous sortismes du fleuve le jour de Pasques, et le 14° d'Avril nous fimcs naufrage au cap de la Floride, Nous nous sauvämes dans un méchantesquif le long de la côte, ct au bout de cinquante jours nous regagnàmes la Louysiane. J'y trouvai encore un bâtiment, qui étoit sur Île point, disoit-on, de partir pour Saint-Domingue. Je m'y embarquai, mais le retardement de départ, une relâche qu'on fit à la Havane et les vents contraires rompirent encore mes mesures ; nous n'entrâmes dans le port du Cap François
que le 1°" jour de Septembre, et il n y avoit que huit jours qu'il en étoit parti un bateau pour le Canada,
Ne pouvant donc plus espérer de revoir Québec cette annéelà, mon plus court étoit de repasser en France. Je me mis sur un vaisseau marchand du Havre de Grâce, où, après quatrevinat-treize jours, j'arrivai le 25 Décembre, ayant été trois semaines de relâche à Plymouth. Dès que je fus arrivé à Paris, j'eus l'honneur de rendre compte à Son Altesse Sérénissime Monseigneur le comte de Toulouse des connoissances que j'avois prises sur la mer d'Ouest, et, sur l’ordre qu'il m'en donna, je luy représentai que je ne voyois que deux moyens pratiquables de découvrir cette mer : que le premier étoit de remonter le Missouri, dont la source n'est certainement pas loin de la mer, tous les Sauvages que j'ai vus me l'ayant unanimement assuré; que le second étoit d'établir une mission aux Sioux, qui, Étant en guerre avec les Assiniboils, dont il ne faut pas douter qu'ils ne fassent quelquesuns prisonniers et ayant commerce avec les Aiouez, qui sont proches du Missouri, dont ils connoissent tout le haut ; leurs missionnaires auront par ces Sauvages, dont ils apprendront en peu de temps la langue, toutes les lumières qu’on souhaite d’avoir, C'est à ce dernier partique Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orléans s'en est tenu, et nous avons été avertis de destiner deux Jésuites pour la nouvelle mission des Sioux.
Voilà, Monseigneur, où en sont les choses, et ce dont j'ai cru être obligé de vous informer. Je profite de cette occasion pour vous assurer, ce que j'ai déjà eu l'honneur de faire connoitre à Monseigneur le Comte de Toulouse, que si, soit pour établir cette mission, pour laquelle on n'aura peut-être pas
d’abord des sujets tout prèts, soit pour faire quelque tentative
par le Missouri, ce que l’on ne peut faire sans beaucoup de
cette annéeme mis sur Très quatreat Été trois us arrivé À on Altesse es connoissur l’ordre is que deux le premier st certainej'ai vus me it d'établir les Assini- : quelques- Z, qui sont haut ; leurs pprendront on souhaite oyale Monavons Été
mission des
ce dont j'ai te occasion e faire consi, Soit pour ut-être pas ue teritative
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de mon Prince, heureux si ma vie se
exercices si dignes de mon État; mais, n'ayant plus l
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dépense, ainsi que je le ferai voir, quand on le jugera à propos, on me veut faire l'honneur de se servir de mon mi. nistère, je suis toujours disposé à partir et de répondre à l'opinion avantageuse, que Son Altesse Royale paroit avoir conçue de cette disposition à tout risquer pour le service de l'État ct de la Religion.
DE CHarLevoix. J.
LE PÈRE DE CHARLEVOIX OFFRE D'ALLER METTRE EN POSSESSION LES MISSIONNAIRE