LE CONVOI PASSE CHEZ LES PUANTS ET CHEZ LES RENARDS
Enfin, ne voyant rien, on se remit en marche le premier du mois d'Août, et après 73 lieues de navigation assez heureuse le long de la côte du Nord du lac Michigan courant au Sud- Ouest, On se rendit à la Baye le 8 du même mois, à cinq heures ct demie du soir, Ce poste est par les 44° 41' de latitude Bo réale. On s'y arrêta deux jours, et, le 11 au matin, l’on s'embarqua dans une fort grande impatience de se rendre chez les Renards.
Le troisième jour après le départ de la Baye, le soir fort tard, un peu même dans la nuit, les chefs des Puants vinrent à trois lieues de leur village, au devant des François, avec leurs calumets de paix et des rafraichissements de viande d'ours, et le lendemain ils furent reçus chez cette nation, très peu nombreuse, au bruit de plusieurs décharges de quelques fusils, et parmi de grandes démonstrations de joie. Ils demandérent de si bonne grâce qu'on leur fit l'honneur de s'arrêter quelque temps chez eux, qu'on leur accorda le reste de la journée depuis midi et la nuit suivante. Il peut y avoir en tout dans ce village soixante ou quatre-vingts hommes; mais tous, hommes et femmes, d'une fort grande stature et bien faits. Ils sont sur le bord d'un fort joli petit lac, en ur lieu des plus agréables pour sa situation ct la bonté du terrain, à 14 lieues de la Baie et à 8 lieues des Renards.
Le lendemain, du grand matin, 15 du mois d'Août, le convoi se mit en devoir de continuer sa route par un assez beau temps; mais, s'étant élevé une tempête l'après-midi, il arriva bien mouillé et avec la continuation de la pluie aux cabanes des Renards, nation si redoutée et vraiment très peu
redoutable, en vertu de tout ce qui paroït, Elle est composée
de deux cents hommes tout au plus; mais il y a une Pépi-