LA COMPAGNIE DES SIOI X SE DÉSISTE DE SON TRAITÉ
à moins d'une paix solide avec les Renards. D'un autre côté, la plus grande partie de la Compagnie qui a fait le traité, dont j'ay eu l'honneur de vous envover copie, s'en est désistée ct ne veut plus y envoyer. La rupture que nous avons avec les Renards, chez lesquels il faut passer pour aller en canot, les à engagés à n'y plus penser, mais, dans l’un et l'autre cas, on pourroit y remédier. Il v a toute apparence que les Renards viendront, l'année prochaine, demander la paix ou qu'ils y enverront de leur part. Ainsy, en la leur accordant à de bonnes conditions, 1l n’y auroit rien à craindre pour aller chez les Sioux. L'on pourroit aussy former une autre compagnie moins forte que la première, avec laquelle on feroit un nouveau traité, ou le faire avec quelques bons négocians, qui pussent en supporter les avances. Ces diflicultés seroient, par ce moyen, bientôt levées. I n°v en a qu'une, Monseigneur, à laquelle j'ay cru devoir me joindre avec M. Hocquart pour prendre la liberté de vous l’exposer. C’est celle d'y faire monter un ofliciercommandant et un second avec quelques soldats, qu'il seroit nécessaire d'y envoyer absolument pour maintenir le bon ordre dans ce poste, et les missionnaires n'iroient pas non plus sans commandant. Cet article, qui regarde le service et dont les frais doivent être pour le compte de Sa Majesté, me fait prendre la liberté, Monseigneur, de vous demander sur cela ses ordres. Nous engagerons, autant qu'il nous sera possible, les traitans de ce poste à se charger de cette dépense, qui pourra monter à mille ou quinze cents livres pour le commandant, ct pour l'officier en second au prorata. Mais. comme dans un commencement d'établissement il y a plus
de frais à faire que de gains à recevoir, nous ne croyons pas
que des marchands associés s'en chargent, et c'est dans ce cas