‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 51 sur 662 · ET LA RIVIÈRE DES KIKAPOUS · texte numérisé non relu

ET LA RIVIÈRE DES KIKAPOUS

Le Sueur présente un mémoire, dans lequel il propose de faire un establissement fixe aux Sioux, qu'il a descouverts depuis plusieurs années, où il a csté le premier par ordre de MM. les gouverneurs du Canada, estant le seul qui possède la langue de ces Sauvages et celle des autres nations du haut du tleuve Mississipy, où il a fait faire un fort et y entretient actucllement un forgeron pour raccommoder les armes et haches de ces nations, n’estant descendu en 1695 que pour amener un des principaux chefs des Sioux, qui venoit demander à M. le Gouverneur général la protection du Roy, et qu'il voulust bien leur envoyer des armes et des munitions pour se défendre contre leurs ennemis et les autres choses né. cessaires pour leurs besoins, lequel Sioux, ayant esté obligé d'hyverner à Montréal, y est mort de maladie l’année dernière. Ledit Le Sueur y auroit esté renvoyé cette année pour asseurer cette nation de la protection de Sa Majesté, si les

6o AVANTAGES D'UN ÉTABLISSEMENT CHEZ LES SIOUX.

ordres de la Cour avoient permis à M. le Comte de Frontenac de le détacher pour faire ce voyage.

cou ve

hoirs La Colonie en retireroit un avantage par les mines de cuivre

et de plomb qui sont dans ces lieux. Il en enverroit les essais à ses frais. Les pelleteries, ours, loutres, loups-cerviers,

Sauv dédo

mens

chats sauvages, carcajoux, martres, sont incomparablement les ch desdi

despe

| plus belles qu’en tous autres endroits ainsi que le castor. — Ilest nécessaire de s’y establir, si l’on ne veut pas que les Anglois,quiviennenttraiter sur le Ouabache, nous préviennent trava et se rendent maistres de pays qui nous sont de la dernière

conséquence pour augmenter et soustenir la Colonie.

form

| “ rappo | Le haut du Mississipi renferme une grande quantité de : il aur bois, propre à bastir des maisons et vaisseaux, que l'on | pourroit descendre en bateaux et cajeux, lorsque le Roy Le

jugera à propos de faire habituer l'entrée de ladite Rivière, et 3 C'est cela romproit entièrement les mesures, que les Anglois ont | prises, de s'emparer du haut de la Rivière au Mississipi pour

mettr

liberté en lier le commerce avec le bas, comme il leur seroit aisé de | leurs | | ï le faire par le moyen de la puissante colonie de la Jamaïque, leurs « | qui n'est pas beaucoup esloignée de la mesme embouchure. Les | Les Sauvages, parmi lesquels seroient introduits des mis- à Tot | . . . . AVE | sionnaires, nous serviroient dans nos guerres. desqu Cette entreprise ne coustera rien au Roy, que les présens l'atrat qu'il fait faire aux Sauvages, qui sont sous sa protection. d'hon | | Le Suecur demande pour luy au Roy le commandement È Le S de Chouagouamigon, de la Rivière de Mississipi et de tous et bas les lacs et rivières qui y tombent depuis sa source jusques posé | au-dessous de la Rivière des Kikapous ou rivière à la lesque Pierre notre, à 30 lieues environ de la mine de Plomb, Rov

ainsi qu'on peut le voir par la carte qu’il présente des des-

divag

ac

OBJECTIONS CONTRE LI PROJET DE LE SUEUR. Gt

couvertes qu'il a faites. Il demande aussi pour luy et ses hoirs le droit de traite exclusif, pendant dix années, avec les Sauvages habitués dans l’estendue de ces lieux, et afin de se dédommager des frais qu’il devra faire pour ces establissemens, il demande quarante hommes, avec permission de porter les choses nécessaires pour les défrayer, destinant la moitié desdits hommes à la garde des forts, qu’il fera construire à ses despens, et l’autre pour l'accompagner dans ses descouvertes, travailler aux mines, les envoyer à Montréal et à Kebec, informer le Gouverneur général de ce qu’il aura fait, et luy rapporter les munitions nécessaires pour les Forts et ce dont il aura besoin pour l'entretien de ceux qui y seront. (Au dos de ce mémoire se trouve l'observation suivante :)

Le Sueur demande la liberté de porter des armes aux Sioux. C'est précisement là ce qu'on croit qu'il ne faut pas permettre, parce qu’il faut laisser toutes les nations dans la liberté de venir dans la colonie, avec la liberté d’y prendre leurs besoins, au lieu que, portant des armes à quelques-uns, leurs ennemis le deviennent des François.

Les mines ne sont qu’un prétexte pour la traite.

Tout le reste de ce mémoire contient les visions, à la faveur desquelles le feu sieur De la Salle avoit proposé à la cour l'armement et le débarquement d’un nombre considérable d'hommes, qu'on laissa à l'embouchure du Mississipi, où Le Sueur propose de donner communication par ces terres et bastir des vaisseaux, En un mot, on n'a point encore proposé de plus grandes folies, ny si fort contre les principes sur lesquels le Canada est estably, et au préjudice des ordres du Roy pour empescher que la Colonie trop estendue ne se divague plus.

LE ROI ACCORDE SOUS RÉSERVES À LE SUEUR DE COMMENCER SUR LE MISSISSIPI L'ÉTABLISSEMENT

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