‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 539 sur 662 · A LEUR ÉGARD · texte numérisé non relu

A LEUR ÉGARD

Lettre du chevalier de La erendrre au Ministre

de la marine 30 Septembre 1750,

[ne me reste d'autre ressource que de me jeter aux pieds de Votre Grandeur et de l'importuner du récit de mes malheurs.

Je m'appelle La Verendrye. Feu mon père est connu ici ct en France par la découverte de la mer de l'Ouest, à laquelle il a sacrifié plus de quinze des dernières années de sa vie. Il a marché et nous a fait marcher, mes frères et moy, d’une façon à pouvoir toucher au but, quel qu'il soit, s'il eût été plus aidé et s’il n’eût pas été tant traversé surtout par l'envie. L'envie est encore ici plus qu'ailleurs une passion à la mode, dont il n'est pas possible de se garantir. Tandis que mon père ctmoi s'excédoicnt de fatigues et de dépenses, ses pas n’étoient représentés que comme des pas vers la découverte du castor: ses dépenses forcées n'étoient que dissipations ct ses relations n'étoient que mensonges. L'envie de ce pars n'est pas une

envie à demj-. Elle a pour principe de s’acharner à dire du

mal, dans l'espérance que, pour peu que la moitié des mauvais

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