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TRAVAUX DES LA VEÉRENDRYE ET LEURS RÉSULTATS

discours prenne faveur, cela suilira pour nuire, et cflectivement, mon père, ainsi desservi, a eu la douleur de retourner et de nous faire retourner plus d'une fois en arrière, faute de secours ct de protection. Il a même quelquefois reçu des re: proches de la Cour, plus occupé de marcher que de raconter

jusqu'à ce qu’il püt raconter plus juste. Il n'avoit point de part aux promotions ct il n'en étoit pas moins zélé pour

son projet, persuadé que tôt ou tard ses travaux ne seroient pas sans succès et sans récompenses.

Dans le temps qu'il se livroit le plus à ses bonnes dispositions, l'envie cut le dessus. Il vit passer entre les mains d’un autre des postes tout établis et son propre ouvrage. Pendant qu'il étoit ainsi arrêté dans sa course, le castor arrivoit assez abondamment pour un autre que pour lui; mais les postes, bien loin de se multiplier, disparoissoient, et la découverte ne faisoit aucun progrès; c'est ce qui le désoloit le plus. M. le marquis de La Galissonière arriva dans le pays sur ces entrefaites, et, à travers tout ce qui se disoit en bien et en mal, il jugea qu’un homme, qui avoit poussé de pareilles découvertes à ses frais et à ses dépens, sans qu’il en eût rien coûté au Roy et qui s’étoit endetté pour de bons établissemens, méritoit un autre sort. Beaucoup de castor de plus dans la colonie et au profit de la Compagnie des Indes, quatre ct cinq postes, bien établis au loin, par des forts aussi bons qu’ils puissent être dans des contrées aussi éloignées, nombre de # rages devenus les sujets du Roy, et dont quelq s, dans un parti que je commandois, donnèrent l’exe à nos Sauvages domiciliés, de frapper sur les autres Su vages dévoués à l'Angleterre, parurent de véritables services. Indépendamment du projet commencé de la découverte et dont le succès

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ILS N'EN TIRENT QUE LA RUINE, 523 ne pouvoit être ni plus prompt ni plus efficace qu'en restant nôtre entre les mêmes mains.— C’est ainsi que M. le marquis de La Galissonière a bien voulu s'en expliquer, et sans doute il s’en est expliqué de mème à la Cour, puisque mon père, l’année d'ensuite, qui étoit l’année dernière, se trouva honoré de la croix de Saint-Louis et invité à continuer l'ouvrage commencé avec ses enfans, — il se disposoit à partir de tout son cœur. [ n'épargnoit rien pour réussir, 11 avoit déjà acheté ct préparé toutes les marchandises de traite, Il m'inspiroit ct à mes frères, son ardeur, lorsque la mort nous l'a enlevé le 6 du mois de Décembre dernier.

Quelque grande que fût alors ma douleur, je n'aurois jamais pu imaginer ni prévoir tout ce que je perdois en perdant mon père. Succédant à ses engagemens ct à ses charges, j'osois espérer la succession des mêmes avantages. J'eus l'honneur d’en écrire sur-le-champ à M. le marquis de la Jonquière en l'informant que j'étois rétabli d'une indisposition qui m'étoit survenue et qui pouvoit servir de prétexte à quelqu'un pour me supplanter. Il me fut répondu qu’il avoit fait choix de M. de Saint-Picrre pour aller à la mer de l'Ouest. Je partis aussitôt de Montréai, où J'étois, pour Québec. Je représentai la situation où me laissoit mon père, qu'il y avoit plus d’un poste à la mer de l'Ouest: que mon frère et moi serions charmés d’être sous les ordres de M. de Saint-Pierre: que nous nous contenterions, s’il le falloit, d'un seul poste, et du poste le plus reculé; que même nous ne demandions qu'à aller en avant; qu'en poussant les découvertes nous pourrions tirer parti des derniers achats de feu mon père et de ce qui restoit encore dans les postes; que du moins nous au-

ns ainsi la consolation de faire nos plus grands efforts pour

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