‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 541 sur 662 · SAINT-PIERRE NE VEUT PAS DES DÉCOUVREURS · texte numérisé non relu

SAINT-PIERRE NE VEUT PAS DES DÉCOUVREURS

répondre aux vues de la Cour. M. le marquis de La Jonquière, pressé et même, à ce qu’il m'a paru, touché de mes représentations, me ditenfin que M. de Saint-Pierre ne vouloit ni de moi ni de mes frères. Je demandai ce que deviendroient nos crédits. M. de Saint-Pierre avoit parlé. Il ne restoit rien à obtenir. Je retournai à Montréal avec ce consolant éclaircissement. Je mis en vente une petite terre, seul effet de la succession de feu mon père, dont les deniers ont servi à satisfaire les créanciers les plus pressés. Cependant la saison s'avancoit. [l s’agissoit d'aller, à l'ordinaire, au rendez-vous marqué de mes engagés pour leur sauver la vie et recevoir leurs retours, sujets, sans cette précaution, à être pillés et abandonnés. Jai obtenu cette permission avec bien de la peine, malgré M. de Saint-Picrre, et seulement à des conditions et des restrictions faites pour le dernier des voyageurs. Encore à peine M. de Saint-Pierre me vit-il parti, qu'il se plaignit que mon départ jui faisoit un tort de plus de dix mille francs et qu'il m'accusa, sans autre cérémonie, d'avoir chargé mon canot au delà de la permission qui m’étoit accordée. L’accusation fut examinée. On envoya à la poursuite de mon canot, ct, si on m'eüt rejoint dès lors, M. de Saint-Pierre se seroit rassuré plus tôt. Il m’a rejoint à Missilimakinak, et si je dois l'en croire, il a eu tort d'en agir ainsi. Il est bien fàché de ne pas m'avoir, ni mes frères, avec lui. Il m'a témoigné beaucoup de regrets et m'a fait bien des complimens. Quoi qu'il en soit, tel est son procédé. IL est difficile d'y trouver de la bonne foi et de l'humanité. M. de Saint-Pierre pouvoit obtenir tout ce qu'il a obtenu, assurer ses intérêts particuliers par des avantages qui surprennent, et amener un parent avec lui, sans nous donner uneentièreexclusion. M. deSaint-Pierre est

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