ARRIVÉE AU LAC DE LA PLUIE
sache point avoir d'observations à faire sur cette route, étant généralement connüe.
Je ne séjournay à Missilimakinac que pour donner le temps à mes engagés dese rafraichir, ou, pour mieux dire, de prendre des forces. J'en partis, le 6 Août, et me rendis, sans aucun évé. nement fâcheux, au lac de la Pluye, le 20 Septembre. C'est là le premier établissement des postes de l'Ouest. Je dois remarquer que cette route est des plus difficiles et qu’il faut une pratique bien formée pour en connoître les chemins ; quelque mauvais que j'eusse lieu de me les figurer, je ne pus qu'en être surpris. [l y a trente-huit portages : le premier est de quatre lieues, et le moindre de tous les autres est d’un quart de licue.
Le chemin, qui me restoit, n’avoit rien de plus prévenant. On m'assura qu'il étoit infiniment plus mauvais et d’ailleurs très risquable. En eflet, j'ay eu le temps d'éprouver qu'à chaque instant on est en danger de perdre, non seulement ses vivres et ses effets, mais même la vie.
Dès mon arrivée en ce premier poste, j'assemblay tous les Sauvages et leur fis grandement valoir la bonté, que !: Roy. mon maitre, a de les faire visiter et pourvoir de tous leurs besoins. Je me renfermav, à cet égard, à ce qui rest prescrit par mon instruction. Je fus tres bien reçu, e:, à en juger par l'extérieur de ces Sauvages, ils étoient des mieux disposés pour les François, Je ne tarday cependant pas à m'apercevoi
que toutes ces nations en général étoient très dérangées ettrès
impertinentes, ce qu'on ne peut attribuer qu'à la trop grande
mollesse qu'on a eue pour elles; quelques présens qu’on leur fasse, elles ne sont point satisfaites, elles épuiseroient les ma-
gasins du Roy.
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