‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 551 sur 662 · F5 1 LE GARDEUR AU FORT DE LA REINE · texte numérisé non relu

F5 1 LE GARDEUR AU FORT DE LA REINE

Je leur témoignay combien M. le général, leur père, étoit peiné au sujet de Ja Sucrre qu'ils ne cessoient de faire aux Sioux ; que, s’ils vouloient luy donner des preuves de la soumission et de l'obéissance qu'ils doivent à un bon père, il falloit qu'ils discontinuassent d'aller en party sur les Sioux, lesquels n'étoient pas moins chers qu'eux à Onontio ; que, pour concilier leurs esprits, leur pére avoit détaché M. Marin chez les Sioux pour les porter également à Ja paix ct à la plus parfaite union.

Je leur signifiay, en mème temps, de la part de leur père, que si, malgré ses défenses, ils persistoient à faire cette guerre, 4 comme ils avoient déjà fait, ils le mettroient dans la dure nécessité de les priver des secours, que les François introduisoient chez eux avec bien de la peine et à gros frais, Je leur ajoutay qu'ils ne Pouvoient pas raisonnablement oublier combien étoit affreuse leur misère avant qu'ils eussent des François.

Je fus d'abord satisfait de Ia réponse de piusieurs de ces Sauvages, surtout de deux considérés dans ce poste, mais le défaut de subordination parmi eux me donna juste sujet de ne pas me fier à leur parole. L'événement ne le véritia que trop. En effet, dans le cours de l'hiver 1751, ils se déterminèrent à continuer leur gucrre. Il ne fut pas possible de les en détourner à cause du grand éloignement qu’il y avoit d'eux à moy. J'étois dans ce temps-là au fort de la Reyne.

L'inconstance, ou, à mieux dire, l'entétement de ces nations, livrées à leur caprice, ne cessoit de m'occuper très séricusement pour trouver quelque expédient, capable de les rendre

fidèle -oux de leur promesse. Ce n’étoit cependant pas là ce

qui devoit le plus m atiger, mais bien le manque de vivres,

Page 1