O42 LE FORT LA JONQUIÈRE À LA MONTAGNE DE ROCHE
dans cenouveau posie, pour, de là, m'accompagner jusques où il seroit possible de pénétrer. Bien résolu de pousser bien avant mes découvertes, je n’avois à craindre que d'aboutir du côté de la baie d'Hudson, ce que je me proposois grandement d'éviter, en me jetant à l'Ouest pour trouver les sources de la rivière du Missoury, dans l'espoir qu’elles me conduiroient à quelques rivières, qui auroient leur cours dans la partie où je cherche à pénétrer, sans quoy je sentois bien qu'il seroit impossible de pénétrer plus avant, par la difhculté du transport des munitions et vivres indispensables pour une pareille entreprise. Ce qui me fit connoitre que les projets de M. de La Verendrye n'étoient pas bien solides, n'étant pas possible de réussir par d'autre voye que celle du Missoury, par où on parviendroit à joindre quelque nation policée, mais que ce ne seroit jamais autre que des Espagnols, dont on n'ignore peut-être pas les établissemens.
L'ordre, que j'avois donné à M. de Niverville, d'aller établir un fort, à trois cens lieues plus haut que celui de Paskoya, fut exécuté le 29 May 1551. Il fit partir dix hommes en deux canots, lesquels remontèrent la rivière du Paskoya jusqu’à la montagne de Roche, où ils firent un fort, que je nommay le fort La Jonquière, et un amas considérable de vivres, en attendant l’arrivée de M. de Niverville, qui devoit partir un mois après eux, ce qu'il ne put faire à cause d’une grande maladie qu'il eut. J'appris, par les hommes revenus deson fort, qu'iln'y avoit pas à espérer qu'il se relevât de cette maladie, à quoy j'ajoutay foy, ses forces ne luy ayant pas permis de m'écrire un seul mot.
La maladie de M. de Niverville m'obligca d'aller movmème au Grand Portage, pour faire conduire avec seureté les
eflets et munitions de mes postes, Je fus de retour au fort
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