LE P, DA MORÉNERIE RETOURS
NE A MISSILIMAKINAR. Or
Ceite parole eut tout le succès que je pouvois en désirer. Les mêmes prisonniers revinr ut avec les principaux chefs de leur nation, Je tins conseil avec eux ct [cs autres nations. J'eus le bonheur de si bien les tourner qu'ils se jurérent, les
uns Ct [es autres, qu'ils vivroijent désormais comme de
véritables frères ct que leurs cœurs seroient sy bien unis qu'ils
n'en formeroient plus qu'un, Je ne dois pas dissimuler que
cette paix doit bien moins être attribuée à mes petits talens
qu'aux présens que Je fus obligé de faire pour appuyer et donner de la vigueur à mes paroles, Le Révérend Père La Morénerie, de la Compagni Jésus, qui avoit été destiné pour faire la campagne avec Mo, latigué des misères dont je n'avois pas peu le mettre à Pabry,
prit le party de s'en retourner à Missilimakinac le 22 Juin
Lai Son départ
m'auroit été sensible, s’il m'avoit été possible, ou, à mieux dire, si j'eusse pu me flatter de lui procurer une vie moins dure. Je pense qu'il n'oubliera point cette caravane ct
qu'il ne m'agréera Pour Son compagnon de voyage qu'à une meilleure enscigne, Je ne puis parler de ses travaux, Il
ne prit point hauteur ny ne lit aucune remarque, Il est Vra quil étoit Party sans le moindre instrument de mathémati-
ques, Ce à quoy je ne m'attendois pas. [l fut aussi hors d'état
de faire aucuns progrès au sujet de la Religion. parce qu'il ne
avoit parler aucune lingue sauvage, ct que, d’ailleurs, son cloquence et sa piété n'auroient point été capables d'éclairer des barbares endurcis dans leur aveuglement, Je reviens ä M. le chevalier de Niverville, Lorsqu'il partit, je promis à toutes [es nations qu'il iroit faire un ctablissement trois cens licucs plus haut que celuy de Paskova. Je convins avec toutes ces nations qu'elles se réuniroient
à Moy VE