NOUS LES SAUVAGES
qu'on ne scauroit s’im iginer, desquelles on a tout à craindre, Je ne dois pas laisser ignorer qu'il est très difficile de se servir des Sauvages de ces EaNtons-cy pour la descouverte dont je suis chargé, parce que les Anglois les induisent à faire la gucrre aux nations qui ne vont point en commerce chez EUX, CE qui sera toujours un très grand obstacle pour pouvoir pénétrer plus loin. Je ne puis néanmoins disconvenir que ces Sauvages, qui forment un corps de 50,000 homnes et plus, portant Îles armes, aiment d'inclination les François, mais ils craignent beaucoup plus les Anglois, ct ont mesme la légèreté d'ajouter foy à tout ce qu'ils leur prédisent de funeste. Kn voicy une petite preuve. es Anglois, faschés de n'avoir pas en quantité des pelleteries à la baye d'Hudson, envoyérent des coiliers à ces Sauvages pour leur défendre, sous peine de périr. d'en porter ailleurs que chés eux. à quOY n'avant pas obév, ct
SStant Mort environ huit cents personnes d’un rhume, ils fu-
CNE tous saisis de peur, et se dirent les uns aux autres que le Manitou, c'est-à-dire le Diable, les avoit affligés à la prière des Anglois,
Je ne manquay point de dire aux Cristinaux, qui sont Ics mobiles de toutes ces nations, que, S'ils continuoient d'ajouter
[oY aux prétendus sortilèges des Anglois, M. le général, leur père, les abandonncroit, ne voulant pas avoir des enfans insensés, qui écoutent d’autres voix que la sienne, Quelque vives que fussent mes expressions, à cet égard, je ne m'aperceus que trop que je ne pouvois faire fond sur les promesses de ces Sauvages, En cfet, ceux que-j'avois dépeschés pour porter ma lettre au commandant du nouvel establissement
dont j'ay parlé, ne sont plus revenus, ct je n'y mesme pas
eu de leurs nouvelles.
646 HOSTILITÉS DES ASSINIRBOELS, Fn52,
J'avois eu grande attention de faire mettre dans le meilleur estat tous les forts qui m'estoient confiés, et d'y placer des personnes de confiance. Au désir de mon instruction, j'avois cu le plaisir de réparer moy-mesme le fort la Revne, sans m attendre à l'aventure dont je vais parler.
Le 22 Février 1752, environ neuf heures du matin, je me
trouvois dans ce fort avec cinq François. J’avois envoyé le
surplus de mes gens, consistant en quatorze personnes, chercher des vivres, dont je manquois depuis plusieurs jours. J'estois tranquille dans ma chambre, lorsqu'il entra dans mon fort deux cents Assiniboels, tous armés. Ces Sauvages se dispersèrent, en un instant, dans toutes les maisons; plusieurs entrérent chés moy sans estre armés, les autres restèrent dans le fort, Mes gens vinrent m’avertir de la contenance de ces Sauvages. Je courus à eux. Jeleur dis vertement qu'ils estoient bien hardis de venir en foule dans mon fort, armés. L'un d'eux me répondit en cristinau qu'ils venoient pour fumer. Je leur dis que ce n'estoit pas de la façon dont ils devoient s'y prendre et qu’ils eussent à se retirer sur-le-champ. Je creus que la fermeté, avec laquelle je leur parlay, les avoit un peu intimidés, surtout ayant mis à la porte quatre de ces Sauvages, les plus insolens, sans qu’ils cussent dit un seul mot. Je feus tout de suite chés mov; mais, dans le mesme instant, un soldat vint m'avertir que le corps de garde estoit plein de ces Sauvages, et qu'ils s'estoient rendus maistres des armes, Je me hastay de me rendre au corps de garde. Je fis demander à ces Sauvages, par un Cristinau qui me servoit d'interprète, quelles estoient leurs vues, et, pendant ce temps-là, je me disposay au combat avec ma foible troupe. Mon inter-
prète, qui me trahissoit, me dit que ces Sauvages n'avoient
lemeilleur placer des
ion, j'avois
RCVNC, Sans
atin, je me s envoyé le personnes, ieurs jours.
a dans mon JAUVALCS $C s; plusieurs tèrent dans ince de ces l'ils estoient rmés. L'un jour fumer, ls devoient champ. Je les avoit un de ces Sau- seul mot.
me instant, oit plein de
des armes,
fis demanroit d'interemps-là, je Mon inter-
s n'avoient
ns