‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 576 sur 662 · FLEUVE · texte numérisé non relu

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ÉTABLISSEMENT Df L'ABBÉ PIQUET, 06

Le 19, je passai le lac Saint-François et montai les rapides nommés les Mille Roches ct le Moulinet sans aucun accident.

Le 20, je montai le Long Sault,

Le 21, je passai plusieurs rapides, je n'en ferai pas le dénombrement; ils sont connus de tout le monde.

Les 22,23 et 24, je continuai ma route sans qu'il m'arrivât rien de remarquable, à la réserve de Plusieurs canots qui furent cassés par la Mauvaise volonté de ceux qui les conduisoient, Je les fis raccommoder et continuai ma route.

Le 25, je passai à un nouvel établissement françois, que fait M. l'abbé Piquet, où je trouvai environ quarante arpents de terre défrichée. Son fort de pieux de huit pieds de haut n'étoit pas encore avancé; l'abbé Piquet étoit logé sous des écorces, à la facon des Sauvages, et faisoit préparer du bois CE autres matériaux pour se loger. Il avoit deux Sauvages Nontaguèës qu'il me pria d'emmener avec moi. Je les acceptai pour lui faire plaisir: c'étoit tout ce qui composoit sa

mission.

Le 26, je suis parti de chez M. Piquet et suis venu coucher au Petit Détroit.

Le 27, je suis parti de grand matin pour me rendre au fort Frontenac, où je suis arrivé sur les cinq heures du soir.

Les 28 ct 20, je séjournay au fort Frontenac pour faire rétablir mes canots, qui avoient été extrèmement endommagés dans les rapides et reposer mon monde,

Le 30, je suis parti du fort Frontenac Pour me rendre à Niagara. À Quinté je rencontrai M. de La Naudière qui recevoit des Miamis. Il me dit que les nations du Détroit.

aYant Sceu ma marche, étoient prètes, à la première in vitation,

à venir me joindre. Je ne donnai pas beaucoup dans jes dis-

GGS CÉLORON SUR LE LAC ÉRIÉ,

positions de ces Sauvages ; cependant. comme j'avois appris, dans ma route, qu'il y avoit plus de monde dans la Belle Rivière que l'on n’avoit dit à M. de La Galissonière, je profitai à tout hazard de l'avis de M. de La Naudière et forçai ma marche pour rejoindre M. de Sabrevois, qui alloit commandant au Détroit.

Juinrer.— ’arrivai à Niagara le 6 Juillet, où je le trouvai. Nous conférâmes ensemble, et j'écrivis à M, le chevalier de Longueil ce que j'avois appris de M. de La Naudière, et le priai que, si ces nations du Détroit étoient dans le dessein de venir me joindre, de ne pas diflérer à les faire partir, que je donnois le rendez-vous à Stioto du gau 12 d'Aoust; que, s'ils avoient changé de sentiment, je lui serois obligé de m'envoyer des courriers pour m'informer de leurs desseins afin de sçavoir à quoy m'en tenir.

Le 7, je fis partir M. de Contrecœur, capitaine en second du détachement, avec MM. les officiers subalternes et tous mes canots pour aller faire faire le ortage. Je restai au fort pour attendre mes Sauvages, qui avoient pris dans le lac Ontario une autre route que moy; m'ayant rejoint, je me rendis au portage que M. de Contrecœur avoit fait faire.

Le 14 du même mois, je suis entré dans le lac Érié. Un gros vent du large me fit camper à quelques lieues au-dessus du petit rapide. Là, je fis former des escouades pour monter la garde, qui fut de quarante hommes, commandée par un officier.

Le 15, je suis parti, de grand matin, dans l'espérance de faire une belle journée et me rendre au portage de Chatakoin, ce que je ne pus faire, s'étant élevé un gr=° vent de

même que la veille. Jay été fo:cé de mettre à terre, le lac

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PORTAGE DE CHATAKOIN, 000

étant extrêmement plat ; il n°y a point d'abri, Si l'on ne prévient le vent, on court le risque de périr en débarquant. À plus de vingt arpens dans le large, on trouve des pierres extrêmement grosses, sur lesquelles on est en danger de périr. Je tombai sur une, ét, Sans Un prompt secours, j'étois noyé avec tout mon monde, Je mis à terre pour raccommoder mon canot, qui avoit été crevé en plusieurs endroits,

Le 16, je suis arrivé à midi au portage de Chatakoin. Sitôt que tous mes canots furent chargés, je détachai M. de Villicrs et Le Borgne, avec cinquante hommes, Pour aller nettoyer les chemins; le reste du jour, j'observai la situation de l'endroit, au cas que l’on voulût, à l'avenir. y faire un établissement, Je n'y airien trouvé d'avantageux, tant par la navigation du Lac que par la situation de l'endroit : ce lac est si plat, dans le côté du Sud, que les barques ne pourroient approcher du portage qu'à plus d'une licue. Dans Je large, aucune isle où havre où elles puissent mouiller et se mettre à l'abri. Il faudroit qu'elles se tinssent sur leurs ancres et avoir des bateaux pour les décharger; les coups de vent y sont fréquents, et je pense qu'elles seroient en danger. D'ailleurs, il n'y a aucun village sauvage établi dans cet endroit, [ls sont même très éloignés; les plus près sont ceux de Ga- Naouagan çt de la Paille coupée. Le soir. MM. de Villiers ct Le Borgne sont venus coucher au camp €t avoient fait nettoyer environ trois quarts de lieue de chemin. L'on plaça le corps de garde, et cet ordre continua toute la campagne, tant pour la sûreté de mon détachement que pour former les Canadiens à la discipline dont ils ont besoin.

Le 17, à la pointe du jour, nous commencämes notre

Jortage, qui fut mené très vigoureusement, puisque tous les e] o 9

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