ANGLAIS A L'ANCIEN VILLAGE DES CHAOUANONS
caire me dit qu’un chef, avec deux jeunes gens qui étoient restés à la découverte, le voyant peu accompagné, étoient venus à luy et luy avoient demandé le motif de son voyage. A quoy il répondit que je ne venois que pour parler aux nations de la Belle Rivière et donner de l'esprit aux enfants du gouverneur qui l'habitent. Il engageu ce chef à se charger des branches de porcelaine que je lui avois données pour les porter dans les villages plus bas et leur dire de se tenir tranquilles sur leurs nattes; que je ne venois que pour traiter d'affaires avec eux, qui leur seroient avantageuses.
Je rembarquay et je passai le même jour à l'ancien village des Chaouanons, qui est abandonné depuis le départ du nommé Chartier et sa bande, qui fut levé de cet endroit par les ordres de M. le Marquis de Beauharnoïis et conduit à la Rivière au Vermillon dans Ouabache, en 1745. Je rencontrai, à cet endroit, six engagés Anglois avec cinquante chevaux et environ cent cinquante paquets de pelleteries, qui s’en retournoient à Philadelphie. Je les sommai par écrit de se retirer dans leur pays, que les terres où ils venoient en commerce appartenoient au Roy, ct non au Roy d'Angleterre; que s'ils y revenoient davantage ils seroient pillés ; que je voulois bien pour cette fois les traiter avec humanité, qu'ils profitassent de l'avis que je leur donnois. Ils m’assurèrent, soit par peur ou autrement, de n’y plus revenir; ils convinrent qu'ils n'avoient aucun droit de commerce. Ce que j'ai bien expliqué dans la sommation. J'écrivis au Gouverneur de Philadelphie dans
ces termes :
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