CÉLORON AU ROCHER ÉCRIT. ON
ticrs, par les ordres de M. le Marquis de La Galissonière, Commandant général dans la Nouvelle France, pour réconcilier entre elles quelques nations Sauvages, qui s'étoient brouillées à l'occasion de la guerre qui vient de finir, j'ay été très surpris de trouver des négociants de votre Gouvernement ans CC pays, sur lequel l'Angleterre n'a jamais eu aucune prétention, Je les ay traités avec toute la douceur possible, quoique je fusse en droit de les regarder comme des interlopes et des gens sans aveu, leurs entreprises étant contraires aux préliminaires de la paix signée depuis plus de quinze mois,
« J'espère, Monsieur, que vous voudrez bien, à l'avenir, défendre ce commerce, qui est contre les traités, et faire avertir vos négociants qu'ils S'exposent beaucoup, s'ils reviennent dans ces contrées, et qu’ils ne doivent imputer qu'à eux les malheurs qui pourront leur arriver, Je sçais que notre com- Mmandant général seroit très fâché d’en venir à quelques violences, mais il a des ordres très précis de ne point laisser des négociantsétrangers dans son gouvernement. Je SUIS, CtC. »
Cela fait, je rembarquai et continuai ma route, Le 7, je passai à un village Loup, où il n'y avoit que trois hommes; ils avoient mis un pavillon blanc sur leurs cabanes, le reste de leurs gens étoient allés à Chiningué, n'ayant pas osé rester chez eux. J’invitai ces trois hommes à venir,
avec moi, à Chiningué, Pour écouter ce que j'avois à leur dire, Je rembarquay et me rendis au village que l'on nomme Je Rocher Écrit, Ce sont des Iroquois qui habitent cet endroit, et c'est une vieille femme de cette nation qui les conduit. Elle sc regarde comme souveraine; elle est entièrement dévouée
ONK ON APPROCHE DE CHININGUÉ,
aux Anglois. Tous les Sauvages s'étoient retirés, Il ne restoit dans ce lieu que six négociants anglois, qui vinrent en tremblant au-devant de moy. Je débarquay, et, lorsque je voulus leur parler, je fus fort embarrassé, n'ayant pas d'interprète de leur langue et er:x feignant de n’en point entendre d'autre, Cependantils se dégelèrent, et un d’entre eux parlant chaouanon, je leur fis la même sommation qu'aux autres et j'écrivis à leur gouverneur. Ils me dirent qu'ils alloient se retirer, qu'ils scavoient bien n'avoir aucun droit de commerce, mais que, n'y ayant point trouvé d'obstacles jusqu'à présent, ils avoient cherché à gagner leurs vies, d'autant mieux que les Sauvages les y avoient attirés, mais que, dorénavant, ils n'y reendroient plus Cet endroit est un des plus beaux que j'ai vus jusqu'à présent dans la Belle Rivière.
Je décampay et fus coucher environ à trois lieues plus bas, Lorsque je fus débarqué, nos Sauvages me dirent qu'en passant ils avoient vu sur un rocher des écrits. Comme il estoit tard, je ne pus y envoyer que le lendemain. Je priai le R. P. Bonnecamp et M. de Joncaire d'y aller, dans l'idée que ces écrits pourroient me donner quelque lumière. Ils y
furent de grand matin, et me rapportèrent que ce n’estoit rien
autre chose que quelques noms anglois, écrits avec du charbon. Comme je n'’étois qu'à deux lieues de Chiningué, je fis décrasser, le mieux qu'il me fut possible, les gens de mon détachement, afin de leur donner plus d'apparence, et disposer toutes choses pour me rendre à ce village en bon ordre, que je scavois être un des plus considérables de la Belle Rivière.
Le 8, comme je me disposois à lever mon camp, je vis paroître un canot avec deux hommes. Je jugeai que c'étoient
des envoyés du village, je les attendis. C'en estoit qui ve-
eStOIt T'EM=oulus te de », Ceanon, vis à qu'ils is que, it, ils que les n'yre-
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