‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 593 sur 662 · PRÉCAUTIONS PRISES EN CAS D'HOSTILITÉ. ON · texte numérisé non relu

PRÉCAUTIONS PRISES EN CAS D'HOSTILITÉ. ON

noient exprès pour examiner, par ma contenance, s'ils pourroient découvrir mes desseins, Je les reçus avec bonté et leur is boire un coup de lait de leur père Onontio. C'est toujours, parmi les Nations Sauvages, la plus grande marque d'amitié qu'on puisse leur faire. Après avoir parlé quelque temps, ils me demandèrent de s'en retourner à leurs villages et me prièrent de leur donner quelques heures, afin qu’ils pussent se préparer à me recevoir. Peu après leur départ, j'embarquai, après avoir visité les armes du monde ct fait distribuer des munitions en cas de besoin, et ordonnei que, par canot, il n'y auroit que quatre fusils chargés à poudre, pour répondre au salut, et huit à balles, ayant bien des précautions à prendre avec des nations cffrayées et ameutées. Lorsque je fus à la vue du village, je découvris trois pavillons françois et un anglois. Aussitôt que je fus découvert, les saluts de mousqueteric partirent du village, et, comme le courant est extrèmement fort à cet endroit ct la rivière plate, il vint un Iroquois au-devant de moi pour m'indiquer le passage. Je fus rendu dans l'instant par la rapidité du courant. En débarquant, ils nous tirèrent une décharge à balles. Ce salut se fait dans toutes les nations du Sud; souvent il en arrive des accidents. Cette façon ne me surprit pas, non plus que les officiers du détachement. Cependant, comme j’avois à les soupçonner et que je ne croyois pas à leurs intentions bonnes, je leur fis dire par M. de Joncaire de cesser de tirer de cette façon, sans quoy, j'allois faire feu sur eux. Je leur fis dire, en même temps, d'abattre ce pavillon Anglois, ou que je Ic ferois oster moy-mesme, ce qui fut fait à l'instant. Une femme coupa le bâton, et le pavillon n'a pas paru depuis. Je débarquai, et, comme la grève est extrêmement étroite et très désavantas

Page 1