‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 612 sur 662 · LES CHAOUANONS N'ONT PLUS LE CŒUR FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LES CHAOUANONS N'ONT PLUS LE CŒUR FRANÇAIS

VOyÉS. — Qu'as-tu fait, Chaouanon, de l'esprit que tu avois, il y a dix ans ? Quand M. de Longueil a passé par icy pour aller aux Chicachas, tu fus au devant de luy, et, par toutes sortes d'endroits, tu lui marquas la bonté de ton cœur et tes sentiments. Il se leva même une troupe de tes jeunes gens pour le suivre, Il ne t'avoit pourtant pas fait avertir de son arrivée, mais tu avois, dans ce temps là, le cœur françois, et, aujourd’huy, tu te laisses corrompre par l’Anglois, qui habite avec toi continuellement et qui, sous prétexte de te donner quelques secours, ne cherche qu'à te perdre. Fais réflexion aux justes reproches que je te fais et défais-toi de ces mauvaises gens, qui seront, si tu ny prends garde, la ruine de ta nation.

€Tu m'as débouché, à mon arrivée, le gozier par quatre branches de porcelaine; je n'avois pas besoin de cette médecine. Le cœur du gouverneur est un tuyau bon pour ses enfants, mais comme il t'en faut une dose plus forte, par ces branches de porcelaine, je fais évacuer toutes tes mauvaises humeurs. Le pardon que tu me demandes de ta faute et le regret, que tu me parois en avoir, me portent à te faire grâce. Sois plus sage à l'avenir, j'enterre cette mauvaise affaire, comme tu me le demandes, et je prierai ton père Onontio de n'en conserver aucun ressentiment. Je t'invite à rejeter tous

les mauvais discours, qu'on pourra te faire à l'avenir ct à

bien écouter la parole de ton père Onontio que je viens l’apporter, »

Page 1