LES SAUVAGES EXHORTÉS A RESTER FIDÈLES
Paroles de M. le Général aux Sauvages du village de Styotoc, portées par M. de Céloron, par un collier, le 23 Aoust 1749.
« L'amitié, mes enfants, que j'ay pour vous, quoique très éloigné, m'a engagé à envoyer M. de Céloron pour vous faire ouvrir les yeux et vous découvrir les projets que l'Anglois forme sur vous et sur les terres que vous habitez. Vous ignorez, sans doute, les établissements qu'ils peuvent y faire, qui ne tendent pas moins qu’à votre ruine; ils vous cachent leurs idées, qui sont d'y former et construire des forts assez considérables pour vous détruire, si je les laissois faire. Je dois, comme un bon père qui aime tendrement ses enfants, et qui, quoyqu’éloigné d'eux, pense toujours à ce qui leur est avantageux, les avertir du péril qui les menace. Vous sçavez, mes enfants, qu'ils n'ont rien oublié dans la dernière guerre, que j'ay eue avec eux, pour vous engager à vous déclarer contre moy. Heureusement pour vous que vous ne les avez pas écoutés, je vous en sçay bon gré. D'autres se sont laissé séduire, je leur ai pardonné à quelques-uns, persuadé qu'ils seront plus prudents à l'avenir et n’écouteront plus ces mauvais génies, qui ne cherchent qu'à troubler la terre; mais, pour vous mettre entièrement à l'abri de leur séduction, je les envoye sommer promptement de se retirer de dessus mes terres, où ils n’ont jamais été en droit d'entrer. Les Rois de France et d'Angleterre étant convenus dans les traités de paix, que jamais l’Anglois ne viendroit en commerce ny autrement dans la Belle Rivière, je ne veux point user, pour cette fois, de la force, quoy que je fusse en droit de les
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