TRAITE DE CONTREBANDE AVEC LES ANGLAIS
l'échange des pelleteries. Les chats, loutres et pécans sont à très bas prix en Angleterre, et chez nous ils sont très hauts ; aussy n'a-t-on vu venir de cet endroit que de ces pelleteries, et non du castor. Il est donné en échange aux Anglois.
Un établissement solide pourroit être utile à la colonie, mais il y a bien des inconvéniens pour le soutenir, par les difficultés du chemin pour faire le transport des vivres et effets convenables. Je doute que l'on y puisse parvenir qu'en faisant une extrême dépense. Je me crois obligé, par la connoissance que j’ay prise de tous ces endroits, de mettre ces réflexions à la fin de mon journal, desquelles on fera tel usage que l’on jugera à propos.
Signé : CELORON,
Copie de la sommation faite aux Anglois de la Belle Rivière.
Nous Céloron, capitaine, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, commandant un détachement envoyé par M. le marquis de La Galissonière, commandant général de la Nouvelle France, avons sommé des négocians anglois qui traitoient dans un village sauvage situé sur la Belle Rivière de se retirer dans leur pays avec leurs effets et bagages, sous peine d'être traités comme interlopes en cas de refus. A laquelle sommation ont répondu lesdits Anglois qu'ils alloient se retirer dans leur pays avec leurs effets,
Fait dans notre camp de la Belle Rivière.
Pour copie,
Signé : DE LA JoNQUiËRE.
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