‹ Exploration des affluents du Mississippi [microforme]Chapitre 72 sur 662 · LE SUEUR IRRITÉ POUR UN NOUVEAU PILLAGE · texte numérisé non relu

LE SUEUR IRRITÉ POUR UN NOUVEAU PILLAGE

enlevé leurs fusils, faschez de l’establissement que M. Le Sueur avoit fait dans la rivière Bleue.

Le 14, le fort fut achevé, auquel on donna le nom de fort L'Huillier.

Le 22, l'on fit partir deux Canadiens pour ailer inviter les Ayavois ct les Otoctatas à venir faire un village auprès du fort, parce que ces Sauvages sont laborieux et accoustumez à cultiver la terre, et l'on espéroit en tirer des vivres et les faire travailler aux mines.

Le 24, il arriva six Sioux Oüjatespouitons : ils voulurent entrer dans le fort, mais on les en empescha en leur disant qu’on ne recevoit point des hommes qui avoient tué le François ; c'est le terme dont ils se servent, lorsqu'on leur a fait quelques insultes. Le lendemain ils vinrent à la cabane de M. Le Sueur pour le prier d’avoir pitié d'eux. Ils voulurent, suivant leur coutume, pleurer sur sa teste et luy faire présent de quelques paquets de castors, qu'il refusa; il dit qu'il s’estonnoit que des gens qui l’avoient pillé eussent encore la hardiesse de venir chez luy ; à quov ils respondirent qu ils avoient bien ouy dire qu'on avoit pillé des François, mais qu'aucun de leur village n’avoit esté présent à cette meschante action. M. Le Sueur leur respondit qu'il sçavoit que c'estoient les Mendeouacantons qui l’avoient tué, et non pas les Oüjatespouitons. « Mais vous estes Sioux, continua-t-il, ce sont des Sioux qui m'ont pillé, et, si je suivois vos manières d'agir, je vous ferois casser la teste : car n’est-il point vray que lorsque quelques estrangers (c'est ainsi qu'ils nomment les Sauvages qui ne sont pas Sioux) ont fait insulte à un Siou Mendeouacanton, Oüjatesponiton ou autre, tous les villages vengent,

sur le premier qu'ils rencontrent, l’insulte qu’on a faite à ce

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