‹ Exploration des fonctions rénalesChapitre 100 sur 156 · II- — Aub..., tuberculose rénale · texte numérisé non relu

II- — Aub..., tuberculose rénale

1" demi-heure ^ ^ — 4 Kf.

2° demi-heuri' ^ ^ — *

La courbe suivante, concernant une malade atteinte d'uropyonéphrose chez qui les quantités d'urines des deux reins ont été notées pendant sept heures consécutives, montre bien les différences qui existent entre les deux reins suivant les heures : ; certains moments la différence entre les deux reins est peu con sidéruble tandis qu'à d'autres moments elle est très marquée.

ÉTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX MEINS

Voici encore les quantités d'urine fournies par les deux reins d'une autre malade chez qui les deux reins ont été comparés de :

3 à 4 heures du soir. .

8 à 9 heures du matin.

ce.

FiG. 55. — Mm" Gr...Uropyonéphrose. Courbes comparées des urines des deux reins pendant sept heures (Obs. 110).

Même lorsqu'on étudie les rapports entre les deux reins, pendant vingt-quatre heures, lorsqu'un de ces organes est malade, on peut constater de grandes différences dans les rapports respectifs des deux reins.

Je citerai, comme exemple le cas suivant :

Maria Br..., cinquante-cinq ans. Hydronéphrose calculeuse. Néphrolithotomie le 23 mars 1898. Guérison.

Le S mai pendant vingt-quatre heures.

Quantité :

Quantité . . . .

Urée, par litre PhO — NaCl —

5 Mai : 24 heures.

12 Mai : 24 heures.

La même variabilité des rapports dans la quantité d'urine sécrétée par les deux reins dans les différents jours est bien démontrée par la courbe fig. 56, qui appartient à une malade récemment opérée d'uro-pyonéphrose.

Il résulte de cette série d'analyses que pour se rendre compte de la quantité d'urine qu'un rein sécrète par rapport à l'autre, il

QUANTITÉ D'URINE SÉCRÉTÉE

ne sulTii-ait môme pas de faire les examens comparatifs pendant plusieurs fois vingt-quatre heures. En pratique on ne peut faire un examen pendant vingt-quatre heures que dans des cas exceptionnels, lorsque la sonde urétérale est laissée à demeure pour soigner le rein malade, ou lors- {|ue par une fistule on peut recueillir toute l'urine d'un des deux reins.

L'examen fait pendant vingtquatre heures présente des inconvénients qui nous l'ont fait rejeter depuis des années.

D'un autre côté les examens pratiqués pendant un quart d'heure ou une demi-heure sont très courts et exposent à des erreurs trop considérables :

aussi avons-nous adopté l'examen d'une durée moyenne de deux heures comme donnant de plus sérieuses garanties et suffisamment pratique.

Nous avons choisi dans la série de nos observations les cas dans lesquels les écarts entre les deux reins comparés à différents intervalles ont été très variables; dans beaucoup d'autres observations les différences sont moins marquées, mais elles existent toujours.

L'élude de la quantité d'urine des deux reins recueillie pendant deux heures ne peut donner qu'une indication peu précise sur la filtration aqueuse comparée des deux reins.

3° // faut écarter les causes qui, pendant l'examen, peuvent

FiG. 56. — Uropyonéphrose. Quantités d'urine des 24 heures notées pendant n jours.

Trait plein, rein sain. Trait ponctué, rein malade.

362 ÉTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS

fausser les rapports des deux reins, avons-nous dit : nous ne connaissons pas encore toutes ces causes, mais on peut dire, d'une manière générale, que ce sont toutes les causes capables de déterminer la polyurie dans des reins sains. 11 faudra en particulier ne pas examiner les malades lorsqu'ils ont pris des diurétiques, lorsque peu de temps auparavant ils ont bu, ou dans les deux heures qui suivent les repas.

Ces précautions sont indispensables, parce que, dans ces différentes circonstances, le rein sain, ou relativement sain, produit temporairement beaucoup plus d'urine, tandis que, pendant le même espace de temps, le rein malade modifie peu son fonctionnement habituel. Nous verrons plus loin comment ce phénomène entre dans la loi générale du fonctionnement comparé du rein sain et du rein malade et comment il peut être utilisé par l'épreuve de la polyurie expérimentale. Nous prions le lecteur de considérer pdur le moment les deux courbes SS et 36, dans lesquelles on voit déjà la quantité d'urine des reins malades varier peu dans les différentes heures, et même à des jours différents, tandis que la sécrétion du rein sain se modifie d'un moment à l'autre.

Voyez encore la courbe ci-contre fig. 37, représentant la quan- j tité d'urine émise par les deux reins en vingt-quatre heures avec treize mensurations comparées. On voit manifestement chez ce malade, atteint d'hydronéphrose, que le fonctionnement du rein malade varie peu dans les différentes heures par rapport à celui du rein sain; on voit notamment que la polyurie qui suit les repas est très marquée du côté du rein sain et peu importante dans le rein malade.

On pourrait penser qu'il est possible de tirer de ces faits une conclusion pratique intéressante pour apprécier avec une certaine approximation la quantité d'urine sécrétée par les deux reins lorsqu'on ne mesure que les quantités comparées pendant deux heures. Étant donné la constance fonctionnelle du rein malade, la quantité d'urine qu'il sécrète en vingt-quatre heures sera peu éloignée de celle qu'il produit en deux heures X par douze. Si donc, après avoir mesuré les urines des deux reins

QUANTITÉ D'URINE SÉCRÉTÉE

pendant deux heures, on continue à recueillir, ce qui est facile en pratique, la totalité des urines des vingt-quatre heures, on pourra déduire de ce total la quantité sécrétée par le rein malade multipliée par 12; ce chiffre représentera l'urine du rein malade en vingt-quatre heures et le restant l'urine du rein sain.

Soit un malade sécrétant dans les deux premières heures 55 centimètres cubes du côté malade ; en vingt-quatre heures ce rein aura donné 660 centimètres cubes. Si la totalité des urines des vingt-quatre heures a été de 1.603 centimètres cubes, le

FiG. 51. — Hydronéphrose fistulisée (obs. 95). Courbes comparées des quantités d'urine sécrétées parles deux reins dans les différentes heures d'une journée. I^e trait plein correspond au rein sain. Le trait ponctué au rein malade.

rein sain en aura fourni 943. Ces chiffres sont précisément ceux du malade de l'observation d'hydronéphrose dont la courbe est représentée fig. 57; or, leur comparaison avec les chiffres réels sécrétés par les deux reins donne des quantités presque pareilles :

Rein malade, chiffre réel 655 cent, cubes.

Rein sain,

— calculé

— réel . .

— calculé

La coïncidence des résultats obtenus dans ce cas est exceptionnelle, et très souvent les écarts observés sont assez forts;

301 ÉTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS

aussi nous croyons que cette manière de comparer la sécrétion des deux reins ne donne guère plus de garanties que la simple comparaison pendant deux heures.

Nous avons longuement insisté plus haut sur les modifications dans la quantité des urines qui peut être due à l'emploi de la sonde urétérale ou des séparateurs ; comme il existe assez fréquemment une certaine oligurie au début de l'examen, nous avons depuis longtemps l'habitude de négliger la quantité d'urine sécrétée pendant les premières minutes. En principe nous ne commençons la récolte des deux urines, afin de comparaison qu'après le premier quart d'heure, lorsque l'écoulement est bien établi des deux côtés.

RENSEIGNEMENTS FOURNIS PAR L'ÉTUDE DE [A QUANTITÉ D'UUINE SÉCRÉTÉE PAR CHACUN DES DEUX REINS PENDANT LE MÊME ESPACE DE TEMPS

D'une manière générale, la quantité d'urine sécrétée pendant le même espace de temps est moindre du côté du rein malade que du côté du rein sain, mais il est fréquent de voir le rein malade sécréter davantage que le rein sain ; dans quelques cas les deux reins sécrètent la môme quantité d'urine quoique un seul soit altéré.

Etudiant 108 malades atteints de différentes maladies rénales chirurgicales unilatérales ou prédominantes d"un côté nous trouvons : '

Polyurie du côté malade 35 cas

Polyurie du côté sain 60 —

Égalité de sécrétion §

Polyurie variant de côté aux différents examens. S —

La polyurie du côté sain, comparée à la sécrétion du côté malade, est habituellement très considérable lorsque ce dernier organe est très gravement atteint, quelle que soit sa maladie. Il faut pourtant noter à ce point de vue que, dans les

QUANTITÉ D'UIUNE SÉCRÉTÉE

pyélonéphriles et dans le rein tuberculeux, on voit assez souvent le rein malade présentant des lésions importantes sécréter à peu près autant que l'autre.

Lorsque la lésion anatomique est de moindre importance, la polyurie relative du rein sain est moins marquée et peut môme faire place au phénomène inverse, le rein malade sécrétant davantage.

Dans ces cas, on voit parfois la polyurie changer de côté dans des examens différents, ce qui me paraît dépendre de la plus ou moins grande quantité de boissons absorbées par le malade : nous verrons, en effet, que lorsque le malade boit, la quantité d'urine sécrétée par le rein sain augmente beaucoup plus que celle sécrétée par le rein malade.

La seule maladie chirurgicale des reins dans laquelle nous n'ayons jamais rencontré de polyurie relative du rein malade est la pyonéphrose; dans toutes les autres affections rénales nous l'avons observée plus ou moins souvent.

11 est intéressant de remarquer que la polyurie relative de l'un ou l'autre rein est plus ou moins fréquente suivant la nature de la maladie. Voici ce que nous avons observé.

Pyélonéphrites sans rétention rénale. — Sur 14 cas de pyélonéphrite simple ou calculeuse, nous avons observé 7 fois de la polyurie du côté du rein seul malade ou le plus malade des deux; trois fois seulement la quantité d'urine était plus grande du côté du rein sain. Une fois la quantité d'urine était égale des deux côtés. Chez trois malades, le rein malade sécrétait tantôt plus, tantôt moins, ou la même quantité que le rein sain. Il semble d'après cela, que, dans les pyélonéphrites, on observe le plus souvent de la polyurie du côté malade. Nous devons faire remarquer que dans les pyélonéphrites calculeuses graves on peut voir une notable polyurie du rein malade. En voici un remarquable exemple.

M. d'A... âgé de cinquante-trois ans est opéré par nous le 29 septembre 4903. Le rein présentait des lésions intenses de néphrite, mais conservait encore beaucoup de parenchyme; le

ÉTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS

bassinet et les calices étaient remplis par un énorme calcul coraliforme pesant 90 grammes. Les quantités d'urines recueillies par le cathétérismo urétéral avant l'opération furent, pendant une heure :

Rein droit saiii

— gauche malade

Rapport 2^ = 0,40.

Néprites lithiasiques. — Sur trois cas de néphrite lithiasique, deux fois la lésion était double et les deux reins sécrétaient à peu près la même quantité d'urine. Dans un autre cas le rein sain présentait une polyurie notable; la quantité d'urine qu'il fournissait était double de celle du rein malade.

Rein mobile. — Nous avons mesuré la quantité d'urine des deux reins, en dehors des crises de rétention, chez quatre femmes atteintes de rein mobile : dans trois de ces cas le rein sain était un peu polyurique, fournissant dans une heure une quantité d'urine plus forte de 10 à 23 p. 100 que le rein malade. Chez la quatrième malade la quantité d'urine était semblable des deux côtés.

Dans un cas nous avons pu observer un remarquable exemple de polyurie unilatérale du côté malade immédiatement après l'évacuation d'une petite rétention rénale. Yoici le résumé de cette très intéressante observation :

M"' Z... souffrant déjà depuis deux ans de crises douloureuses du côté du rein gauche est examinée par nous le 8 juillet 1902, au moment d'une crise de moyenne intensité. Nous sentons le rein droit globuleux, de la grosseur d'un fort poing et très douloureux à la pression. Par le cathétérisme uréléral nous évacuons une rétention d'urine aseptique contenant 24 gr. 20 d'urée par litre : nous laissons la sonde à demeure dans l'uretère et, avant de faire l'épreuve de la polyurie expérimentale, nous recueillons pendant une heure l'urine des deux reins dont voici l'analyse :

37 ce. 5 08 c. c.

QUANTITÉ D'URINE SÉCRÉTÉE

iiiitlado.

s&in .

160 cent, cubes

45 cent, cubes

Ui'ée, par lilrc

3 gr. 20

1 0 gr. 60

NaCl, —

2 gr. .SO

9 gr. 23

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