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XI. — COMPARAISON DES URINES DES DEUX REINS PAR LA CHROMOCYSTOSCOPIE

Yœlcker et Joseph' ont décrit sous le nom de chromocystoscopie un procédé qui consiste à examiner au cystoscope le jet urétcral lorsque l'urine est colorée par l'injection sous-cutanée du carmin d'indigo.

Technique. — On fait une injection intra-musculaire avec -4 centimètres cubes d'une solution d'indigo-carmin, à 4 p. 100, dans du sérum physiologique. Les 16 centigrammes de carmin d'indigo ainsi injeclés sont en suspension dans le liquide et non en solution. L'injection lentement faite n'est pas douloureuse; elle est inoflensive.

Lorsqu'on fait la cystoscopie chez un homme sain, à qui on a injecté l'indigo -carmin, on voit l'élimination commencer une vingtaine de minutes après l'injection; le maximum de coloration bleue de l'urine s'observe trente minutes après et en deux heures presque toute la matière colorante est éliminée.

D'après Yœlcker et Joseph les avantages de l'indigo sulfate de soude sont : de s'éliminer exclusivement par les reins, sans que la bile, la sueur ni la salive soient colorées; de ne pas donner naissance a des leuco-dérivés et de s'éliminer rapidement. En f'ludiant la fréquence des éjaculations urétérales, l'écoulement (ontinu ou intermittent de l'urine et sa coloration plus ou moins foncée, les auteurs du procédé croient qu'on peut déterminer :

1° Si le rein fonctionne;

2" S'il existe de la rétention d'un côté;

3" Avoir une présomption sur la valeur fonctionnelle des reins.

1. VoELCKER und Joseph. Funk'tionelle Nierendiagnostik olino Ureterenkallietcr. Munchener med. Woch., 1903, p. 2028.

448 ÉTUDE DES URINES SÉPARÉES DES DEUX REINS

Dans un second travail Vœlcker et Joseph * publient un nouveau cas et confirment leurs précédentes conclusions.

Czerny% dans une courle communication, dit avoir opéré une série de malades avec succès en se guidant sur les données du procédé de l'indigo-carmin qui lui paraît être une ressource cli- . nique importante et presque toujours suffisante.

Hofmeier», de Wurzburg, confirme les travaux des précédents auteurs; il dit que dans quelques cas de carcinome on a réussi par la chromocystoscopie à voir que l'uretère d'un côté ne fonctionnait plus.

Rapsammer * a étudié le procédé dans trente cas ; il croit que s la méthode présente l'avantage de faciliter la découverte des ^ uretères et de permettre de mieux étudier le type de l'éjacula- | tion urétérale, mais ne lui reconnaît aucune valeur au point de ^ vue du diagnostic fonctionnel des reins. I

Karo ' rappelle que nos travaux et ceux de Casper et Richter | démontrent qu'on ne peut tirer des conclusions fermes sur l'état des reins d'après l'élimination des matières colorantes par l'urine; il critique en détail les observations de Vœlcker et Joseph et se prononce fortement contre la méthode.

Nous avons montré nous-même » que la chromocystoscopie, |! avec le bleu de méthylène avait été employée il y a déjà plu- I sieurs années à la Clinique de Necker, pour chercher les orifices '» urétéraux dans certains cas difficiles et pour étudier les éjacula- ri lions urétérales. Dans ce but l'indigo-carmin vaut mieux que le | bleu de méthylène, mais l'utilité du procédé est très restreinte jn pour l'étude du diagnostic fonctionnel des reins et très inférieure à l'étude séparée des urines des deux reins. I

1. VoELCKER und Joseph. Ghromocystoskopie. Deuslche med. Woc/i., 1904, p. 536. |^

2. CzERNY. Sur la chromocystoscopie. Association française d'urologie, octobre 1904.

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