III. - QUANTITÉ D'URINE
La quantité normale d'urine sécrétée par un adulte en bonne santé, pesant 6S kilogrammes, est en moyenne de 1.300 à l.SOO centimètres cubes. Schutzenberger admet une diurèse moyenne de 20 centimètres cubes en vingt-quatre heures par kilogramme. L'ingestion plus ou moins abondante de boissons; l'élimination plus ou moins active d'eau par la peau, les poumons, l'intestin; des modifications nerveuses accidentelles, peuvent faire varier la quantité d'urine chez l'homme sain de S à 900 centimètres cubes jusqu'à l.SOO ou 1.800 centimètres cubes.
A l'état pathologique on peut observer des modifications très considérables dans la quantité des urines, mais ces modifications de la fonction rénale sont déterminées par des causes si variées qu'elles ne peuvent nous renseigner que très incomplètement sur l'état du rein. Nous ne saurions faire ici une étude séméiologique de la polyurie, de l'oligurie et de l'anurie, et nous nous bornerons à indiquer rapidement le rapport qui existe entre la quantité d'urine et les lésions des reins.
Polyurie.
Indépendamment de toute modification anatomiquc connue des reins, on peut observer des polyuries importantes et de plus ou moins longue durée dans diverses maladies.
Dans les aff ections du système nerveux on connaît la polyurie des traumatismes cérébraux, habituellement passagère, mais qui peut persister; celle de l'hémorragie cérébrale, de la sclérose en plaques, etc. D'autres fois la polyurie s'observe dans les névralgies, particulièrement dans la sciatique, ou consécutivement à certaines crises nerveuses (hystérie, épilepsie, etc.). Le diabète Injdrurique^ qui peut donner lieu à une polyurie de 2 à 20 litres par jour, reconnaît, d'après Souques', différentes variétés étiologiques démontrant toutes l'influence du système nerveux (polyurie héréditaire des dégénérés, des hystériques). Dans tous ces cas la polyurie paraît être sous la dépendance d'un trouble bulbaire ou splanchnique déterminant la vaso-dilatation rénale.
Les modifications de la composition du sang sont la cause la plus fréquente de la polyurie. On connaît le rôle important que joue le rein dans l'équilibre de la composition du sang : lorsque pour une cause quelconque la quantité de sang augmente, l'augmentation de la tension vasculaire détermine la polyurie. Or, lorsque la concentration moléculaire du sang est plus élevée qu'à l'état normal, comme cela arrive dans la glycosurie, l'azoturie, etc., J'équilibre sanguin ne se rétablit que par emprunt d'eau aux boissons et, à leur défaut, aux tissus ; la masse du sang se trouve ainsi augmentée et détermine la polyurie. D'après Lœper=, on peut expliquer d'une manière analogue les polyuries critiques dans les maladies aiguës, et môme celle des brightiques : dans les crises des maladies aiguës les substances accumulées dans les tissus passent dans