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X. — ÉPREUVE DE L'IODURE DE POTASSIUM

Après l'ingestion de l'iodure de potassium on trouve facilement l'iode dans l'urine, ce qui a permis de constater, depuis longtemps, que, dans les néphrites, l'élimination de ce médicament est entravée. Lafaye ' a bien résumé dans sa thèse tous les travaux concernant cette question. Desprez, en employant la voie sous-cutanée à dose fixe, a réglé l'épreuve de l'iodure.

TECHNIQUE

On pratique une injection sous-cutanée de 4 centigrammes de iodure de potassium, dose qui rend l'injection peu douloureuse. On détermine ensuite la quantité d'iode éliminée dans les vingtquatre premières heures, ce qui suffit dans la pratique. On n'étudie pas, pour l'épreuve de l'iodure, le moment d'apparition dans les urines, parce que, ce sel étant très diffusible, l'iode passe presque immédiatement dans l'urine. On ne se préoccupe guère de la marche de l'élimination, qui ne présente pas habituellement de polycyclisme, ni de la durée de l'élimination, parce que les manipulations nécessaires à ces recherches rendraient la méthode peu pratique et ne donneraient guère de renseignements utiles.

Pour doser l'iode de l'urine on emploie la méthode de H. Strivo. dont nous empruntons la description a fîard et Bonnet.

Sur chaque échantillon d'urine à examiner, on prélève SO centimètres cubes qu'on fait évaporer au bain de sable, après addi tion préalable de 5 centimètres cubes de la solution normale de soude; on calcine; le résidu est repris par l'eau, porté à l'ébul-

1. Lafaye. Elude clinico-chimiqiie sur l'élimination urinaire de l'iode, après absorption de l'iodure de potassium, Thèse de Paris, 1893.

lODURE DE POTASSIUM

litron en ajoutant du chlorhydrate d'ammoniaque jusqu'à ce que le liquide ne sente plus l'ammoniaque et présente une réaction neutre; on filtre; le filtre est lavé à Teau. Le liquide ainsi obtenu est placé dans un flacon bouché à l'émeri, on ajoute 5 centimètres cubes de sulfure de carbone, puis de l'acide azotique nitrenx goutte à goutte, et on agite. Nous nous sommes servis constamment du même acide rendu nitreux par l'addition de I p. 100 de nitrite de soude. Lorsque l'addition d'une nouvelle goutte d'acide ne renforce plus la teinte du sulfure de carbone, celui-ci est introduit dans un tube à essai. Il ne reste qu'à le comparer aux divers étalons de l'échelle colorimétrique établie préalablement. Tous les tubes employés doivent être rigoureusement identiques. Ils doivent de plus avoir un faible diamètre.

L'échelle a été établie en traitant de la même façon, par le sulfure de carbone et l'acide azotique, des quantités déterminées d'une solution titrée d'iodure de potassium; le sulfure de carbone décanté et lavé a été chaque fois mis dans un tube à essai sous une mince couche d'eau; le tube diversement teinté par l'iode. Nous avions établi des tubes correspondant à 0 milligr. 1, 0 milligr. 2, 0 milligr. 3, etc.; 1 milligramme, 1 milligr. 2, etc.

Élimination normale. — Quelques minutes après l'injection, on trouve déjà de l'iode dans l'urine. L'élimination est rapide et massive, atteignant de suite son maximum et se prolongeant pendant quarante-huit heures. Dans les premières vingt-quatre' heures il s'élimine à l'état normal de 18 à 29 milligrammes d'iodure.

Elimination par les reins malades. — Lorsque la perméabilité rénale est diminuée, comme dans les néphrites interstitielles, l'élimination de l'iodure est prolongée et ne dépasse pas, dans les premières vingt-quatre heures, la moitié du chiffre normal. Dans les néphrites épithélialcs, au contraire, l'élimination dans la première journée est aussi abondante qu'à l'état normal. Ces faits ont conduit Bard et Bonnet à dire : « Le point important est de voir si l'élimination est rapide et massive, ou si, au contraire, elle se fait d'une manière traînante et prolongée. Or,

ALB.uiRA^. — E.\pIoration rénale. 9

on peut s'en faire une idée très exacte en notant simplement la quantité éliminée clans les vingt-quatre premières heures. »

Ne connaissant que des observations isolées dans lesquelles répreuve de l'iodure de potassium ait été employée et n'ayant pas nous-même une expérience suffisante de ce procédé, nous ne saurions porter un jugement sur sa valeur clinique et nous renvoyons à ce que nous avons dit page HO sur l'élimination comparée du bleu de méthylène et du iodare de potassium.

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