PREMIÈRE PARTIE
INTRODUCTION
L'appréciation des troubles fonctionnels d'un organe semble reposer sur la connaissance précise de la physiologie normale de cet organe. Cependant, lorsqu'on envisage l'évolution historique des progrès de nos connaissances en physiologie et en pathologie, on se convainc facilement que c'est au contraire par Tobservation des troubles morbides, spontanés et provoqués, que la médecine arrive peu à peu à la connaissance du fonctionnement normal des organes, à la notion de leur rôle et de leur signification dans l'économie. Toute l'histoire du système nerveux montre que la physiologie de l'encéphale et de la moelle s'est en grande partie constituée par la méthode anatomo-clinique; c'est elle qui a fondé la neuropathologie.
Toutes nos connaissances physiologiques sur la rate, le corps thyroïde, les glandes surrénales, l'hypophyse dérivent de la pathologie de ces organes ; la physiologie du foie, du pan-
ALBAHBAN. — Exploration rénale. 1
créas, etc., serait bien pauvre actuellement, sans les enseignements que nous apporte incessamment l'étude des insuffisances pathologiques de ces viscères.
En réalité, le progrès de nos connaissances biologiques relatives à tel ou tel organe s'effectue par la synthèse de toutes les notions, d'ordre physiologique et pathologique, que nous recueillons, en clinique ou au laboratoire, sur l'homme et l'animal, sur cet organe étudié dans son fonctionnement, à l'état de santé ou de maladie.
Observation de l'homme normal, expérimentation animale, étude anatomo-clinique des documents de la pathologie constituent les trois méthodes associées par lesquelles on arrive à la notion du rôle biologique d'un organe.
Telle a été l'évolution de nos connaissances et des doctrines relatives à la physiologie du rein. Ce chapitre, malgré ses lacunes et ses obscurités, est aujourd'hui, au moins dans ses grandes lignes, assez nettement tracé pour offrir au médecin une base solide d'étude et d'interprétation des phénomènes de la pathologie rénale. Nous possédons dès maintenant les principaux éléments nécessaires à la critique et peut-être à la solution de quelques-uns des problèmes de la physiologie pathologique du rein.
Le rein a un double rôle d'organe à sécrétion externe et à sécrétion interne.