‹ Exploration des fonctions rénalesChapitre 46 sur 156 · XV. - CRYOSCOPIE COMPARÉE DU SANG ET DE L'URINE · texte numérisé non relu

XV. - CRYOSCOPIE COMPARÉE DU SANG ET DE L'URINE

Dreser, Winter, Koranyi, Vaquez et Bousquet' ont étudié coni- ; parativement le point de réfrigération du sang et celui de l'urine.

Léon Bernard a étudié chez un grand nombre de malades le ; rapport du A sanguin et du A urinaire et il a comparé les résul- I tats ainsi obtenus avec les autres méthodes d'exploration de la ' fonction rénale.

Procédé de Léon Bernard. — Voici comment l'auteur expose

son procédé :

(( On détermine A du sérum sanguin, A de l'urine en même temps, donc dans les mêmes conditions de la fonction rénale, et le volume de l'urine émise en vingt-quatre heures.

Au

On prend le rapport — ^•

Ak5

La valeur r qui représente le quotient de ce rapport permet d'apprécier le rôle de la perméabilité rénale dans les variations de la concentration moléculaire de l'urine.

A l'état normal, ce rapport varie entre 2,30 et 3,90.

Mais il est nécessaire de multiplier cette valeur r comme toutes les valeurs numériques de l'urine par le volume V de l'urine émise en vingt-quatre heures.

La formule '/•XV = R représente l'élimination moléculaire. A l'état normal, cette valeur est de 3.000 à 5.000.

La première formule vise donc plutôt l'activité épithéliale, la seconde les effets utiles de cette activité. »

Les différentes formules de la méthode de Léon Bernard permettent d'apprécier la perméabilité épithéliale et la valeur de l'activité éliminatrice des reins, aussi bien lorsque la perméabilité reste normale que lorsqu'elle est augmentée ou diminuée. Voici trois exemples empruntés à cet auteur qui permettent de

mprendre ces dilTérentes éventualités :

1. Vaquez el Bousquet. La iircssion osiiiol,i(iue chez les êtres vivants. Presse médicale, 1899, p.

1° Dilatation hypertrophique du cœur avec asystolie.

As — — 0''54 r = 2,44 (normale 2,30 à 3,90)

Au = — 1032

V = 2600 R = 6344 (normale 3 à bOOO)

Dans ce cas, la perméabilité épithéliale est normale comme le montre r, mais il y a exagération de l'élimination moléculaire comme l'indique R ; la déperdition sanguine se traduit dans la faible valeur de As.

2° Néphrite interstitielle saturnine.

As = — 0060 r = l,b6

Au = — 0094

V = lOSO R = 1638

Les deux valeurs r et R sont ici trop faibles et montrent que la perméabilité rénale est diminuée ainsi que l'élimination moléculaire totale ; de fait, la rétention sanguine s'accuse par la valeur élevée de As.

3° Tuberculose pulmonaire et emphysème ; dilatation du cœur droit avec albuminurie et œdème.

As = 0060 r=:2,66 Au = l°60

Dans ce cas, la valeur r nous montre que la perméabilité épithéliale est conservée, mais la diminution de la diurèse abaissant la valeur R, nous devons conclure que l'élimination moléculaire totale est entravée, et la rétention sanguine se retrouve dans la valeur élevée de As.

Au point de vue théorique, L. Bernard a lui-même objecté à sa méthode que le A du sang tendant continuellement à être rétabli à son taux normal par une foule d'influences indépendantes de la sécrétion rénale (notamment par l'activité variable d'autres émonctoires et par la rétention dans les tissus des substances contenues dans le sang), ce terme se trouve être trop stable pour être comparé à la variabilité extrême du A de l'urine. Le A du sang variant très peu, môme lorsque le rein est

Page 1