Varschaueh. Monalsherichle filr Urolof/ie, p
5. 0. LoEvi. Uritcrsiichungcn zur Physiologie iiiid Pliarmakologic der Nierenfunktion, Arch. /. exper. PaLhol. und Pharm., 1903 p. 326.
Valeur des différentes données de Vépreuve.
On peut étudier dans l'épreuve de la glycosurie expérimentale : le moment où le sucre apparaît dans les urines; la durée de l'élimination; la marche de l'élimination et la quantité de sucre éliminé.
Le début de V élimination se voit à l'état normal de un quart d'heure à une demi-heure après l'injection sous-cutanée. Ce délai est si court qu'on ne peut que difficilement apprécier une élimination trop précoce. Plus souvent on peut constater un retard dans le moment d'apparition du sucre lorsque l'épreuve est irrégulière, mais il existe à ce point de vue de grandes variations dans des cas qu'on ne peut guère distinguer les uns des autres ; aussi n'attache-t-on pas habituellement grande importance au moment où le sucre apparaît dans les urines.
La durée de V élimination, qui est à l'état normal de deux à trois heures, ne se prolonge dans les lésions rénales au delà de cinq à six heures que sous forme de traces. La nécessité de faire pour chaque échantillon la recherche du glycose, ainsi que le peu d'importance que présente en général la durée de l'élimination, ont conduit les cliniciens à ne pas tenir grand compte de ce facteur de l'épreuve. Pour les mêmes raisons la marche de r élimination, habituellement cyclique et régulière, n'a guère été étudiée.
La quantité de sucre éliminé est le facteur important de l'épreuve, celui qu'Achard et Delamare, et après eux tous les auteurs, ont surtout étudié. On distingue à ce point de vue :
1° La glycosurie régulière, lorsque la quantité totale de sucre éliminé varie de 1 a 2 grammes ; la limite inférieure de la glycosurie régulière est de 50 centigrammes et sa limite supérieure de 2 gr. 50 ;
2° \j hypoglycosurie ou Vanaglycosurie suivant qu'il y a moins de sucre éliminé ou absence de sucre dans- l'urine ;
3° VhyjJer glycosurie avec élimination dépassant 2 gr. 50 de glycose.
ÉPREUVE DE LA PIILORIDZINE
Bapports des modifications de la glycosurie expérimentale avec les lésions rénales.
Comme nous l'avons fait pour le bleu de méthylène, nous étudierons 3 cas dilVérents suivant que la glycosurie régulière coexiste avec des lésions rénales, que la glycosurie irrégulière s'observe sans altération des reins ou que les irrégularités de l'épreuve sont sous la dépendance des lésions rénales.
1° Glycosurie régulière coïncidant avec des lésions rénales. — Lorsqu'il existe des lésions rénales la glycosurie est le plus souvent irrégulière, et dans la plupart des cas c'est l'hypoglycosurie qu'on constate. Dans certains cas pourtant l'épreuve de la phloridzine donne une quantité de sucre suffisante malgré l'existence de lésions rénales. En parcourant les observations de Delamare nous en trouvons quelques exemples. Dans l'observation CII il s'agit d'un malade ayant une néphrite ancienne et présentant des poussées de néphrite aiguë avec albuminurie; l'épreuve de la phloridzine donne 1 gr. 22 de sucre. Dans l'observation Clll une néphrite chez un paludéen, avec albuminurie considérable, présente une glycosurie de 91 centigrammes. Dans le cas CI un malade atteint de néphrite chronique, examiné au moment d'une poussée aiguë, élimine normalement le sucre au moment de l'amélioration de sa poussée, lorsque les urines contenaient encore 50 centigrammes d'albumine par litre.
Nous relevons trois autres exemples de glycosurie régulière avec lésions rénales dans la thèse de JouH'ray : ce sont les observations YI (néphrite probablement interstitielle), VIII (tuberculose pulmonaire, albuminurie) et XIII (néphrite goutteuse).
2" Glycosurie irrégulière sans lésion rénale. — La glycosurie expérimentale peut se trouver modifiée par des altérations transitoires de la fonction rénale, qui ne correspondent pas à des lésions anatomiqucs. Dès le début, Achard et Delamare l'ont constaté.
A. ffypoglyco.surie. — Achard et Delamare citent le cas d'une
no
jeune fille entrée à l'hôpital pour une poussée de rhumatisme articulaire subaigu, avec albuminurie légère; l'épreuve de la phloridzine ne donna d'abord qu'une anaglycosurie complète; plus tard, l'albumine ayant disparu, de nouvelles épreuves donnèrent une glycosurie régulière : dans ce cas, l'anaglycosurie n'avait été qu'un trouble passager des fonctions rénales. De même, chez un urinaire rétréci qui n'élimina que des traces de sucre et chez un tuberculeux qui en élimina peu, Achard et Delamare ont trouvé des reins histologiquement sains. Ces mêmes auteurs ont observé l'hypoglycosurie chez six malades atteints d'affections diverses, sans néphrite (ictère catarrhal, alcoolisme, artério-sclérose , tuberculose légère, tabétique). Cloupet a vu l'hypoglycosurie chez trois épileptiques ne présentant pas de symptômes de lésion rénale.
Nous avons observé nous-même plusieurs cas d'hypoglycosurie très marquée avec des lésions rénales insignifiantes et même lorsque les reins étaient intacts.
Chez la malade de l'observation 3, atteinte de rein mobile sans aucune altération, l'injection sous-cutanée de o milligrammes de phloridzine ne détermina que l'apparition de traces de sucre dans l'urine pendant une heure et demie; à la quatrième demi-heure il n'y avait plus de glycosurie ; chez cette malade, très nerveuse d'ailleurs, les deux reins fonctionnaient normalement, comme le montrent les analyses de l'urine et la polyurie expérimentale.
La malade de l'observation 9 n'eut, elle aussi, que des traces de glycose dans les urines; on ne constate pourtant chez elle qu'une très légère pyélonéphrite et les analyses montrent le fonctionnement normal des deux reins.
Nous avons encore observé un prostatique chez qui l'analyse chimique, la cryoscopie et la régularité de l'épreuve du bleu de méthylène permettaient de croire que les reins étaient sains et qui présenta à l'épreuve de la phloridzine une hypoglycosurie marquée : ce malade fut opéré avec succès le 2 juin 1903. Yoici l'analyse des urines dans ce cas :
ÉPREUVE DE LA. PHLORIDZINE
Qiianlitc 850 cent, cubes en 24 heures.
D(j,^sité 1030 à 15 degrés.
Ui-ée par litre, o4b05 en 24 heures. 28b 95
Acide iirique .... — 0 50 — 0 51
Chlorures (NaCl). . . — 5 50 — 4 65
Acide phosphorique. — 2 60 — 2 21
Glucose — 0 30 — 0 25
Trois autres fois il nous a été donné d'observer des hypoglycosuries très prononcées dans des cas de lésion unilatérale, malgré le parfait fonctionnement d'un des reins, sans trace d'insuffisance de la fonction rénale.
Chez une malade ayant subi une opération plastique pour hydronéphrose du rein gauche, nous avons pratiqué l'épretive de la phloridzine lorsqu'elle était déjà guérie et en excellente santé ; l'analyse des urines, le jour de l'épreuve, donna les résultats suivants :