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EN MÉDECINE

Nous ne saurions, faute d'expérience personnelle suffisamment étendue, donner une opinion à ce sujet. Il nous est pourtant permis de constater que l'élude des fonctions rénales a plus servi à modifier les conceptions pathogéniques dominantes sur les néphrites qu'à élucider leur diagnostic ou leur pronostic et à orienter la thérapeutique. Ce n'est point dire que tant de travaux accumulés n'aient pas eu leur utilité pratique; ce serait contraire à cette règle immuable du progrès médical qui, des conceptions nouvelles sur la pathogénie des processus morbides, conduit tôt ou tard à des déductions pratiques.

Au pom/ de vue du diagnostic nous avons cité, dans le cours de ce travail, un grand nombre d'observations dans lesquelles les nouvelles méthodes d'exploration des fonctions rénales ont permis d'élucider d'intéressants problèmes. D'une manière générale on peut dire que le diagnostic de certains états complexes, dans lesquels des lésions cardiaques évidentes s'associent à l'albuminurie, a surtout bénéficié des méthodes nouvelles : dans ces cas les résultats donnés par l'étude des éliminations provoquées et des méthodes cryoscopiques a souvent permis de mettre hors de cause l'appareil rénal ou de préciser la part qui revient au cœur et au rein lui-môme dans le comploxus symptomatiqiie observé. D'autres fois encore, grâce surtout au bleu de méthylène, des lésions de sclérose rénale au début ont pu être reconnues ou soupçonnées. En ce qui regarde la connaissance précise des localisations morbides, les nouvelles méthodes d'ex-

ploration n'ont pas encore donné tous les re'siiltats attendus. Sans doute, on peut différencier certaines lésions épithéliales des néphrites à prédominance scléreuse, mais les procédés classiques d'exploration permettaient déjà cette distinction, que la théorie uniciste du mal de Bright avait un peu trop rejetée dans l'ombre. Sans doute encore, nous avons vu certains auteurs préciser par la cryoscopie ou par les éliminations provoquées la part que prennent dans une lésion déterminée les glomérules ou les tubes urinifères, mais nous savons jusqu'à quel point l'incertitude est grande à ce sujet.

Le pronostic est chez certains malades grandement modifié par l'étude des fonctions rénales : tel syndrome urémique, avec bruit de galop, respiration de Cheyne Stokes, oligurie et albuminurie, conséquence d'une lésion cardiaque, sans altération rénale, n'a pas le même pronostic que lors qu'il est sous la 'dépendance d'une insuffisance rénale vraie. De même, certaines albuminuries, dites cicatricielles, parce qu'elles correspondent à des lésions éteintes, ou encore les albuminuries orthostatiques, n'ont acquis leur véritable signification que lorsqu'on a pu démontrer l'intégrité des fonctions rénales malgré l'albuminurie. Grâce aux recherches nées de l'emploi de ces nouvelles méthodes, on a pu montrer que des phénomènes urémiques -coexistaient parfois avec la conservation relative de la perméabilité rénale, et qu'inversement un certain degré d'imperméabilité rénale était susceptible de ne pas s'accompagner d'accidents ••urémiques (Léon Bernard). Le problème de l'urémie a donc été pénétré plus avant dans ses rapports avec l'état de la perméabilité rénale.

Et quoique l'urémie n'apparaisse plus aujourd'hui comme uniquement dépendante de l'imperméabilité rénale, il est encore •certain que lorsqu'une néphrite quelconque est reconnue, c'est dans l'étude des fonctions rénales qu'on trouvera un des éléments les plus précieux du pronostic.

En dehors même de tout état urémique, l'exploration des fonctions rénales nous fournit d'importantes indications sur les différentes rétentions toxiques, chlorurées, uréiques qui peuvent

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